Sud de l'Algérie: premier enlèvement d'Occidental depuis 2003

4 février 2011 à 13h43 par La rédaction

ALGER (AFP)

Une touriste italienne a été enlevée dans le sud de l'Algérie: il s'agit du premier Occidental à être kidnappé depuis 2003 dans cette zone algérienne du Sahel, une vaste bande désertique à cheval sur plusieurs pays devenue le fief des combattants d'Al-Qaïda au Maghreb islamique.

L'Italienne, âgée de 56 ans, dont l'identité n'a pas été révélée, a été enlevée mercredi vers 18H00 locales (17H00 GMT) dans la zone d'Alidena, à 130 km au sud de Djanet, la principale ville du sud-est algérien, selon des sources sécuritaires dans la région

Son chauffeur et son guide ont ensuite été libérés, selon les mêmes sources, et étaient interrogés.

Les ravisseurs, "quatorze hommes, circulaient à bord de deux Toyota station", selon ces mêmes sources.

A Rome, le ministère des Affaires étrangères s'est contenté d'indiquer que des "vérifications étaient en cours" sur cette information.

Le Sahel est devenu le fief des islamistes d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) qui a revendiqué plusieurs enlèvements d'Occidentaux dans les pays voisins de l'Algérie depuis plusieurs années.

Selon l'agence algérienne APS, les ravisseurs ont autorisé leur otage à avertir à l'aide de leur téléphone cellulaire (Thuraya), le patron de l'agence de voyages qui avait organisé son périple à Djanet.Ce dernier a aussitôt donné l'alerte.

Djanet est située à 2.300 km d'Alger non loin de la frontière avec la Libye et est une oasis essentiellement peuplée de Touaregs.

Dès l'annonce de l'enlèvement, l'armée, qui contrôle la région totalement désertique d'Alidena, s'est mise à la recherche des véhicules.Mais ces derniers "sont probablement sortis du territoire national", ont indiqué les sources sécuritaires à l'AFP.

En 2003, entre la mi-février et la mi-mars, 32 touristes européens voyageant en plusieurs groupes avaient été enlevés par des combattants islamistes dans le Sahara algérien qui couvre plus de 2 millions de km2.Les derniers avaient été libérés dans le nord du Mali en août de la même année.

L'Espagne a par ailleurs fait évacuer d'urgence deux de ses ressortissants du nord du Mali, frontalier de l'Algérie, leur évitant "un grand risque" d'enlèvement dans cette région où sévit Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ont indiqué jeudi des sources humanitaire et administrative au Mali.

Selon la même source, le risque d'enlèvement était "imminent".

La branche maghrébine d'Al-Qaïda opère dans une immense zone désertique située aux confins de l'Algérie, de la Mauritanie, du Mali et du Niger, où elle commet attentats, enlèvements, essentiellement de ressortissants occidentaux, et divers trafics.

L'organisation, qui a ses bases dans le nord du Mali, retient depuis la mi-septembre en otage cinq Français et deux Africains, capturés au Niger.D'abord transférés au Mali, ils auraient été emmenés récemment hors de ce pays par leurs ravisseurs.

Le 7 janvier, Aqmi a enlevé en plein centre de Niamey, dans le quartier le plus sécurisé de la capitale, deux jeunes Français, tués le lendemain lors d'une opération de sauvetage franco-nigérienne en territoire malien.

Fin septembre, après l'enlèvement des sept otages dans le nord du Niger, l'Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Mali s'étaient mis d'accord pour créer un centre commun de renseignements à Alger dans la foulée de la création d'un comité d'état-major opérationnel conjoint à Tamanrasset (sud algérien).

Mais aucune information n'a jamais été publiée sur les activités de ce groupement militaire sahélien.