Tarek Ben Ammar prépare un film sur le "martyr" Mohamed Bouazizi

4 février 2011 à 17h48 par La rédaction

TUNIS (AFP)

Le producteur de cinéma tunisien Tarak Ben Ammar a annoncé vendredi à l'AFP qu'il préparait un film sur le jeune Tunisien Mohamed Bouazizi, dont le suicide par le feu a accéléré la chute du régime du président Zine El Abidine Ben Ali.

"C'est un film d'un producteur tunisien, par un réalisateur tunisien (Mohamed Zran) et sur un jeune Tunisien.Personne d'autre ne peut le faire à notre place", a déclaré M. Ben Ammar, selon qui l'écriture du scenario est déjà en route.

Le tournage de ce long métrage en langue arabe, dont le titre et la distribution ne sont pas encore connus, devrait débuter dès le mois de mai prochain dans différentes régions de Tunisie, "principalement à Sidi Bouzid".

C'est dans cette petite ville rocailleuse au milieu d'une région d'oliviers et d'amandiers au centre du pays que le 17 décembre un jeune vendeur de fruits et légumes, Mohammed Bouazizi, s'est immolé par le feu après une énième humiliation policière, marquant le déclenchement de la révolution tunisienne qui a culminé avec la fuite de Ben Ali le 14 janvier.

"Les recettes du film iront à sa famille et ses descendants à vie.Ce film est une manière de rendre som nom universel, d'en faire un symbole", explique encore M. Ben Ammar.

Mohamed Bouazizi, poursuit-il, "est devenu sans le vouloir l'âme et l'ambassadeur de la Tunisie et de son peuple par un acte humain et pas politique".

"Je veux produire ce film afin que nos enfants n'oublient pas la révolution et son symbole qui n'est ni un homme d'affaires, ni un intellectuel, mais un simple citoyen", ajoute Tarek Ben Ammar.

Son objectif: "faire un film international de qualité" comme "Hors la loi", celui du réalisateur français d'origine algérienne Rachid Bouchared.

Ce long métrage retrace de la fin des années 1930 à l'indépendance algérienne en 1962, le destin de trois frères à travers les tumultes de l'histoire franco-algérienne.

Pour le réalisateur Mohamed Zran, Mohamed Bouazizi est devenu par son geste "un symbole de la jeunesse tunisienne, éternellement et mondialement".

Le film sera "une adaptation libre" de la vie du jeune Tunisien "jusqu'à l'acte terrible de son immolation", a-t-il expliqué à l'AFP.