Tchad: la junte assure que ses relations avec l'Union africaine sont "apaisées"

8 juillet 2021 à 17h44 par AFP

AFRICA RADIO

La présidence du Tchad, pays dirigé par une junte militaire emmenée par son fils depuis la mort du chef de l'Etat Idriss Déby Itno en avril, a assuré jeudi que ses relations avec l'Union africaine (UA) étaient désormais "apaisées".


L'organisation panafricaine avait renoncé à suspendre ou même sanctionner le Tchad après que l'armée eut dissout le gouvernement et le Parlement, abrogé la Constitution et nommé, au lendemain du décès de M. Déby, son fils le général Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, président de la République pour une période de transition de 18 mois renouvelable. Mais l'UA avait toutefois exigé de la junte qu'elle ouvre rapidement un "dialogue national" avec l'opposition et une "transition démocratique" avec des élections "libres, justes et crédibles" dans un délai n'excédant pas 18 mois.Des tensions entre N'Djamena et l'UA étaient apparues quand l'organisation basée à Addis Abeba avait nommé l'ancien chef de la diplomatie sénégalaise Ibrahima Fall "Haut représentant pour accompagner la transition" au Tchad, sans en informer au préalable les autorités tchadiennes, selon N'Djamena."L'heure est à la décrispation et à l'apaisement", a affirmé jeudi soir la présidence tchadienne dans un communiqué, à l'issue d'une visite d'une délégation de 16 membres de l'UA emmenée par son commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, Bankolé Adéoyé."Les divergences sont désormais une convergence de vue et une réelle collaboration afin de mieux mener la transition au Tchad", ajoute la présidence sur son site, avec une photo de Mahamat Déby recevant la délégation.L'UA avait demandé en mai à Mahamat Déby et aux membres du CMT de "respecter l'engagement" qu'ils ont pris de ne pas se présenter aux élections présidentielle et législatives après la transition. Le chef de la junte militaire n'a pas exclu, fin juin, une prolongation de la "transition" avant les élections promises.Le 20 avril, le CMT avait dissous le Parlement et le gouvernement et abrogé la Constitution du Tchad. Sous la pression internationale, la junte avait finalement nommé un "gouvernement de transition" de civils le 2 mai, dirigé par Albert Pahimi Padacké, le dernier Premier ministre de feu Idriss Déby. Le CMT avait également promis de "nommer" les membres d'un Conseil national de transition (CNT) qui devra faire office d'organe législatif durant la transition, désignation qui se fait encore attendre.Idriss Déby Itno, décédé à 68 ans, dirigeait le Tchad d'une main de fer depuis 30 ans. Il a été tué sur le front contre des rebelles le 19 avril en allant commander lui-même son armée, selon N'Djamena.