Tchad : Paris demande une enquête "impartiale" après une tentative sanglante d'arrestation d'un opposant

Par AFP

AFRICA RADIO

La France a appelé mardi les autorités tchadiennes à mener "au plus vite" une enquête "impartiale" sur la mort de trois personnes lors d'une tentative d'arrestation d'un opposant.

"Nous invitons solennellement le Tchad à conduire au plus vite une enquête indépendante et impartiale pour faire toute la lumière" sur ce qu'il s'est passé, a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Au moins trois personnes ont été tuées dimanche lors d'une sanglante tentative d'arrestation par l'armée d'un candidat de l'opposition, Yaya Dillo Djerou, à l'élection présidentielle du 11 avril."M. Yaya Dillo était sous le coup de deux mandats d'arrêt antérieurement, a posé de la résistance à des mandats judiciaires. Mais ce n'est pas une raison pour aboutir à la perte de plusieurs vies humaines", a déclaré Jean-Yves Le Drian.Lundi, le principal opposant tchadien, Saleh Kebzabo, a retiré sa candidature de la présidentielle en accusant le président Idriss Déby Itno, grand favori pour un sixième mandat, d'intimider ses rivaux par l'usage de la force.Depuis plusieurs semaines, le gouvernement interdit systématiquement et réprime durement toute manifestation de l'opposition et de la société civile qui réclament "l'alternance et plus de justice sociale". "Nous avons dit à de nombreuses reprises aux autorités tchadiennes de garantir la participation de l'opposiiton ainsi que la liberté de réunion et l'accès équilibré aux médias", a assuré le ministre français des Affaires étrangères aux députés.Le Tchad est un allié de poids dans la lutte contre le jihadisme au Sahel, au côté de la force française Barkhane.Ancien chef rebelle, Yaya Dillo Djerou avait rallié en 2007 le président Déby, dont il est devenu ministre avant d'occuper plusieurs postes de conseiller à la présidence de la République. Il fut ensuite représentant du Tchad à la Commission des Etats de l'Afrique centrale (Cémac) jusqu'en 2020.Il est sous le coup de deux mandats d'arrêt, délivrés après une plainte en 2020 pour diffamation et injures envers la Première dame Hinda Déby Itno. M. Dillo avait notamment dénoncé une convention signée entre celle-ci et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de coronavirus.