Tentatives d'attentats en Mauritanie: aveux télévisés de 2 membres d'Aqmi

10 février 2011 à 12h33 par La rédaction

NOUAKCHOTT (AFP)

Deux membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), arrêtés pour tentative d'attentats début février à Nouackchott, ont avoué à la télévision mauritanienne qu'ils voulaient faire exploser des véhicules au ministère de la Défense et à l'ambassade de France.

"Nous devions faire exploser l'un des deux véhicules piégés au ministère de la Défense et à la direction de la police voisine et le second à l'ambassade de France", a affirmé mercredi soir le Mauritanien Saleck Ould Cheikh Mohamedou, âgé de 27 ans, capturé samedi après une cavale de deux jours, près du fleuve Sénégal.

Selon lui, trois voitures devaient servir à l'opération, avec à leur bord huit personnes: six Mauritaniens, un Algérien et un Bissau-Guinéen dont la mission était en préparation depuis quatre mois dans le nord du Mali.

"La puissance explosive de chacune des deux voitures piégées pouvait faire des dégâts énormes sur 500 mètres à la ronde", a affirmé M. Ould Cheikh.

"Nous devions notamment faire exploser à l'aide d'une grenade le portail de l'ambassade de France pour ouvrir le chemin à la voiture afin de la faire sauter à l'intérieur de la chancellerie", a-t-il soutenu.

Son complice bissau-guinéen, Youcef Galissa dit Abou Jaavar, âgé de 29 ans, a confirmé ce plan.

Au cours de ces aveux officiels à la télévision, les deux hommes ont, tour à tour, affirmé qu'ils étaient "heureux d'avoir échoué" et qu'ils regrettaient leur action qui auraient menacé de "nombreuses vies humaines innocentes".Et ils ont finalement appelé les "jeunes" (militants d'Aqmi) au repentir.

Les allégations des deux hommes démentent les informations attribuées à Aqmi par l'agence en ligne Nouakchott Info (ANI), affirmant que l'opération visait à assassiner le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le chef de l'Etat mauritanien était accusé de mener une "guerre par procuration contre les moudjahidines pour le compte de la France".

Cependant, ce communiqué revendiquant l'opération n'a pas été authentifié par une source crédible, même si l'ANI n'a jamais été démenti par Aqmi dont elle publie souvent des textes et déclarations de porte-paroles.