Pertes et dommages: propositions tranchées pour une résolution à la COP27

AFRICA RADIO

15 novembre 2022 à 20h06 par AFP

Plusieurs propositions concernant le dossier très disputé du financement des "pertes et dommages" causés par le changement climatique ont été mis en circulation mardi à la COP27 à Charm el-Cheikh, reflétant des positions tranchées.

Les pays pauvres, les moins responsables du réchauffement climatique mais souvent les plus exposés à ses effets, ont obtenu la mise à l'ordre du jour officiel de la conférence un point sur ces pertes et dommages déjà subis. Ils réclament la création dès l'actuelle conférence de l'ONU sur le climat en Egypte d'un mécanisme de financement spécifique, auquel sont opposés la plupart des pays développés. Une première proposition de résolution, élaborée par les "facilitateurs" désignés sur ce dossier, propose le lancement d'un "processus" de poursuite des discussions, possiblement jusqu'en 2024. Parmi les options à étudier figure entre autres la création "d'un nouveau fonds adapté". Sont notamment aussi listées, la possibilité de remises de dettes, des dons, la mobilisation de l'aide au développement ou de l'aide humanitaire... Une autre proposition de résolution du G77+Chine, qui représente plus de 130 pays émergents et pauvres, stipule que la COP27 "décide de créer un fonds pour aider les pays en développement à couvrir les coûts pour faire face aux pertes et dommages non économiques et économiques". Le texte prévoit une période de transition mais que les "principes et modalités opérationnelles" du fonds soient adoptés au plus tard à la prochaine COP, fin 2023. De leur côté l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine et l'Inde, réunis dans le groupe BASIC, ont publié mardi une "déclaration" conjointe dans laquelle ils expriment leur "soutien" à la présidence égyptienne de la COP pour une conclusion "ambitieuse et équitable" de la conférence, "y compris des progrès substantiels vers la mise en place d'un mécanisme de financement des pertes et dommages", sans plus de précisions. De son côté, l'Union Européenne, dans un argumentaire pour les négociations rendu public, se prononce pour "le lancement d'un processus". Très opposée comme les Etats-Unis à l'établissement d'un fonds spécifique, l'UE réaffirme son "soutien" aux plus vulnérables, et se dit prête à "s'accorder sur un processus pour identifier des solutions et engager des actions urgentes pour augmenter les financements". Mais le texte souligne qu'il existe "de multiples solutions pour relever l'éventail des défis et des impacts" des pertes et dommages.