RDC: au moins 17 civils tués dans une attaque de miliciens en Ituri

Par AFP

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Au moins dix-sept civils ont été tués lundi par des miliciens en Ituri, province du nord-est de la République démocratique du Congo minée par des conflits communautaires, selon des sources concordantes.

Les miliciens du groupe armé Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC) ont attaqué le village de Chabusiku et y "ont tué 17 civils" dont certains ont été retrouvés calcinés dans leurs maisons, a expliqué à l'AFP David Bahinduka Bamuhiga, chef du secteur rural de Bahema-Irumu, en Ituri. "Nous avons mobilisé les jeunes pour creuser les tombes pour enterrer les victimes" qui sont "en majorité" des membres de la communauté Hema, a-t-il indiqué. Selon M. Bahinduka Bamuhiga, les militaires de l'armée congolaise "sont intervenus mais avec retard". Selon les experts du Baromètre sécuritaire de Kivu (KST en anglais), "au moins 18 civils ont été tués" dans cette attaque. Les miliciens du groupe "+Chini ya Kilima - FPIC+ sont soupçonnés". Ces nouveaux morts "portent à au moins 1.137 le nombre de civils tués au Nord-Kivu et en Ituri depuis le début de l'état de siège, le 6 mai", selon le KST. Cette mesure exceptionnelle décrétée par le président congolais Félix Tshisekedi a pour objectif de mettre fin aux violences des groupes armés qui infestent ces deux provinces. Interrogé par l'AFP, un porte-parole militaire n'a pas souhaité faire de commentaire, indiquant néanmoins que l'armée était au courant de l'attaque. Le village de Chabusiku est situé à 12 km de Bunia, chef-lieu de l'Ituri. Le FPIC est une milice qui prétend défendre les intérêts des Bira, une des communautés de cette province aurifère qui a renoué avec les violences depuis fin 2017, après des années d'accalmie. Ces violences ont fait plus d'un millier de morts. La façade orientale de la RDC est en proie à des violences depuis près de 25 ans en raison de la centaine des groupes armés qui menacent les civils et s'attaquent aux positions de l'armée.