Sahara occidental: le nouvel émissaire de l'ONU au Maroc, première étape d'une tournée régionale

Par AFP

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Le nouvel émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, l'Italien Staffan de Mistura, est arrivé mercredi à Rabat, première étape d'une tournée régionale qui doit le conduire aussi en Algérie, a annoncé le porte-parole de l'Organisation.

Il "a commencé sa première visite dans la région". "Il rencontrera des responsables marocains à Rabat et ensuite des responsables du Front Polisario à Tindouf et Rabouni" en Algérie, qui abritent des camps de réfugiés sahraouis, a précisé Stéphane Dujarric lors de son point-presse quotidien. L'émissaire "prévoit aussi de se rendre à Alger et à Nouakchott lors de son voyage", a ajouté le porte-parole sans autre détail sur ces étapes, en indiquant sa volonté "d'entendre les points de vue de toutes les parties concernées sur la manière de progresser vers une reprise constructive du processus politique sur le Sahara occidental". Staffan de Mistura, bientôt 75 ans et basé à Bruxelles, a pris ses fonctions en novembre, alors que l'Algérie a rompu fin août ses relations diplomatiques avec le Maroc, accusant le royaume chérifien "d'actions hostiles" sur fond de querelle sur le dossier du Sahara occidental. L'Algérie a marqué sa vive opposition à une reprise de négociations sous forme de tables rondes comme celles qui avaient été organisées en Suisse par le précédent émissaire de l'ONU, l'ex-président allemand Horst Köhler, démissionnaire à la mi-2019 faute d'avoir obtenu des résultats significatifs. La dernière table ronde s'était tenue au printemps 2019 en présence du Maroc, du Polisario et de l'Algérie et de la Mauritanie en tant qu'observateurs. Le Sahara occidental, ex-colonie espagnole, est considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU en l'absence d'un règlement définitif. Il oppose depuis des décennies le Maroc au Front Polisario, soutenu par Alger. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce vaste territoire désertique au riche sous-sol et bordant des eaux poissonneuses, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario réclame pour sa part le référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU qui avait été prévu lors de la signature en 1991 d'un cessez-le feu mais jamais concrétisé.