Sénégal: 3 agents de santé arrêtés après un nouveau drame autour de l'accouchement

AFRICA RADIO

1er septembre 2022 à 18h06 par AFP

Trois professionnels de santé ont été placés en garde à vue cette semaine au Sénégal après le décès d'une femme enceinte et son bébé, dernier drame en date autour de l'accouchement et la maternité dans le pays, a indiqué un représentant syndical.

Ces décès mettent à nouveau en lumière les carences du système de santé au Sénégal après une série d'accidents fatals. Une femme et le bébé qu'elle portait sont décédés dans la nuit de mardi à mercredi lors de l'accouchement dans un centre de santé de Kédougou (sud-est), a indiqué à l'AFP un représentant syndical s'exprimant sous le couvert de l'anonymat parce que l'affaire est entre les mains de la justice. La presse a rapporté des circonstances terribles au cours de l'accouchement et de la prise en charge par l'équipe médicale. Les centres de santé sont des structures intermédiaires entre postes de santé et hôpitaux dans les petites villes. "Trois personnes ont été arrêtées depuis hier (mercredi). Elles sont en garde à vue à la gendarmerie de Kédougou pour négligence", a dit le représentant syndical. Il s'agit d'un gynécologue, un anesthésiste et un infirmier, a-t-il précisé. Selon la presse sénégalaise, Dioura Diallo, en état de grossesse très avancée et dont l'âge n'a pas été précisé, s'est présentée mardi soir au centre de santé. Elle est décédée après avoir abondamment saigné et à la suite d'une césarienne ratée lors de laquelle le bébé a subi des blessures avant de décéder, selon la presse. Cette affaire fait écho à une autre qui a suscité un vif émoi. Astou Sokhna, la trentaine, mariée et enceinte de neuf mois, est décédée le 7 avril à l'hôpital de Louga (nord) après avoir attendu dans de grandes souffrances pendant une vingtaine d'heures la césarienne qu'elle réclamait. Trois sages-femmes ont été condamnées en mai à Louga à six mois de prison avec sursis pour "non assistance à personne en danger". Onze bébés ont péri le 25 mai dans un incendie dans l'hôpital de la ville de Tivaouane (ouest). Trois personnes qui étaient en détention préventive dans le cadre de l'enquête ont bénéficié d'une liberté provisoire entre le 23 août et le 30 août, a rapporté la presse. Quatre nouveau-nés avaient également péri dans l'incendie d'un service de néonatalogie à l'hôpital de Linguère (nord) en avril 2021. Le président Macky Sall a reconnu "l'obsolescence" du système de santé et ordonné son audit après le drame de Tivaouane.