Sénégal: hommage un an après la mort d'un manifestant lors d'émeutes

AFRICA RADIO

8 mars 2022 à 17h21 par AFP

Un hommage a été rendu mardi à Dakar au cours d'une cérémonie religieuse pour un manifestant tué il y a un an lors des plus graves émeutes au Sénégal depuis des années, survenues après l'arrestation d'un opposant politique.

Cheikh Wade était âgé de 32 ans quand il est mort dans ces émeutes qui ont fait, selon le gouvernement, entre 10 et 13 morts et 400 blessés, dont 100 membres des forces de sécurité. Ces émeutes sont survenues après l'arrestation le 3 mars 2021 d'Ousmane Sonko, le principal opposant au président sénégalais Macky Sall. M. Sonko, accusé de viols par une employée d'un salon de beauté, a été inculpé pour viols et menaces de mort le 8 mars 2021 puis laissé sous contrôle judiciaire. Il crie au complot ourdi par le président Macky Sall, au pouvoir depuis 2012, pour l'écarter de la présidentielle de 2024, ce que le chef de l'Etat a réfuté. Une dizaine de personnes étaient réunies mardi dans une maison du quartier de Cambérène, dans la banlieue de Dakar, lors d'une lecture de Coran pour le repos de l'âme de Cheikh Wade, selon un journaliste de l'AFP. "C'est le 8 mars 2021 que Cheikh Wade est sorti de la maison. On n'avait rien compris parce qu'il n'avait pas l'habitude d'aller participer aux manifestations", affirme à l'AFP son grand-frère Abdoulaye Wade. "Vers 10H00 (GMT et locales), on nous a envoyé une vidéo" montrant qu'il est mort, dit-il en accusant la police de l'avoir tué par balle. "Nous avons déposé une plainte depuis plus de 10 mois mais n'avons jusque-là aucune information sur la suite", poursuit-il. "Cheikh est sorti de la maison avec un drapeau du Sénégal. Il voulait appeler à la paix. Nous n'allons jamais oublier ce meurtre", affirme sa mère Marième Sow. Un collectif d'ONG dont Amnesty International estime qu'"un an après, le besoin de vérité et de justice reste urgent pour les familles des 14 personnes tuées dont 12 à la suite de tirs par balles par les forces de défense et de sécurité", dans un communiqué publié la semaine dernière. Le gouvernement sénégalais avait annoncé en avril 2021 une enquête.