Somalie: au moins 12 tués dans des affrontements dans le centre du pays

Par AFP

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Au moins 12 personnes ont été tuées samedi dans le centre de la Somalie, où les forces progouvernementales somaliennes ont repris une localité stratégique à une milice soufie, ont indiqué des responsables sécuritaires et des témoins.

Les militaires de l'armée nationale somalienne, épaulés par des paramilitaires, ont chassé les combattants de la milice soufie Ahlu Sunna Wal Jamaa (ASWJ) de la localité de Guricel, dans la région semi-autonome du Galmudug. "Nous avons jusqu'ici confirmé la mort de 12 personnes, dont quatre civils, tuées durant les intenses combats à Guricel ce (samedi) matin", a déclaré par téléphone à l'AFP Mohamed Bile, un responsable militaire au Galmudug. "Ce bilan pourrait augmenter, mais la situation est désormais calme et les forces du gouvernement contrôlent l'essentiel des quartiers", a-t-il ajouté. Les miliciens d'ASWJ - qui a joué un rôle majeur dans la lutte contre les islamistes shebab qui veulent renverser le gouvernement de Mogadiscio - s'étaient emparés en septembre de Guricel, deuxième plus importante localité du Galmudug. ASWJ, en conflit avec les autorités régionales, a contrôlé de nombreuses localités du Galmudug au cours de la dernière décennie et les tentatives de parvenir à un accord politique et militaire ont échoué. Le ministre de l'Information du Galmudug Ahmed Shire a fait porter la responsabilité des derniers combats en date à ASWJ, accusant la milice d'avoir attaqué des bases des forces gouvernementales après avoir refusé de quitter la ville pacifiquement. Des témoins ont fait état de victimes dans chaque camp. "Il reste des tirs sporadiques dans quelques poches de la localité, mais je vois des véhicules militaires des forces du gouvernement dans les rues", a déclaré un habitant de Guricel, Abdirahman Ali. La récente avance militaire d'ASWJ au Galmudug a coïncidé avec les élections des membres de la chambre haute fédérale dans la région, la dernière des cinq régions de Somalie à terminer ce processus qui a accusé un long retard. Les élections en Somalie se déroulent selon un scrutin indirect complexe, où les assemblées régionales et les délégués des clans choisissent les membres des chambres basse et haute du Parlement fédéral, lequel élit ensuite le chef de l'Etat. L'élection présidentielle accuse un retard de près d'un an, le processus étant miné par des luttes politiques internes au sein de l'Etat - notamment entre l'actuel président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, et son Premier ministre Mohamed Hussein Roble - et par des différends entre Mogadiscio et certaines régions. La Somalie, qui a sombré dans le chaos en 1991 et où le gouvernement fédéral peine à toujours à asseoir son autorité hors de Mogadiscio, fait en outre toujours face à l'insurrection shebab et à des conflits locaux.