Soudan: le chef du pouvoir militaire appelle les islamistes à se tenir à l'écart de l'armée

AFRICA RADIO

6 novembre 2022 à 15h21 par AFP

Le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, auteur du putsch au Soudan il y a un an, a appelé dimanche les islamistes et le parti de la dictature déchue en 2019 à rester loin de l'armée.

"Nous prévenons le Parti du Congrès national (NCP, de l'ex-dictateur Omar el-Béchir, NDLR) et les islamistes: ne vous approchez pas de l'armée", a lancé le chef de l'armée devant un parterre de militaires. "L'armée n'appartient à aucun parti", a-t-il martelé alors que les militants accusent régulièrement le pouvoir militaire de travailler au retour de l'ancien régime et donc du NCP. Le NCP est officiellement dissout et interdit de participer à la vie politique du pays pendant dix ans depuis 2019. Mais il continue d'agiter ses partisans. Il y a une semaine, il avait mobilisé des milliers d'islamistes contre les médiations internationales qui tentent de sortir le Soudan de l'impasse créée par le putsch du 25 octobre 2021. Et dimanche, le parti banni a répondu au général Burhane dans un communiqué: "Burhane, tu sais très bien que les forces armées sont loyales à l'organisation", en référence au régime islamiste de M. Béchir. Les civils, écartés du pouvoir par le putsch du 25 octobre 2021, avaient confisqué les biens du parti et ceux de certains de ses dirigeants mais les autorités putschistes ont depuis restitué leurs biens à certains dirigeants du NCP, tandis que des figures islamistes ont retrouvé leur poste au sein de l'Etat. Le NCP s'en est tout de même pris dimanche au général Burhane. "Nous ne te laisserons pas remettre de nouveau le pays aux mercenaires et aux collaborateurs des ambassades", affirme son communiqué. Depuis un an, aucune feuille de route pour une sortie de crise au Soudan n'a émergé. Le seul plan jusqu'ici envisagé par les civils et les militaires est une proposition de Constitution élaborée par l'association pro-démocratie du barreau soudanais appelant à un gouvernement civil. Elle suggère d'inscrire dans la loi fondamentale l'interdiction de toute activité du NCP pendant la période de transition. Depuis le coup d'Etat, chaque semaine, les pro-démocratie manifestent malgré une répression qui a déjà fait 119 morts selon des médecins.