Tchad: 621 arrestations depuis les manifestations réprimées le 20 octobre (justice)

AFRICA RADIO

11 novembre 2022 à 14h21 par AFP

Un total de 621 personnes, dont 83 mineurs, ont été arrêtées au Tchad depuis les manifestations de l'opposition violemment réprimées qui ont fait une cinquantaine de morts le 20 octobre au Tchad, a annoncé vendredi le procureur de la République de N'Djamena.

C'est la première fois que les autorités admettent publiquement le chiffre de plus de 600 arrestations évoqué par plusieurs ONG locales et internationales après ces manifestations contre la prolongation de deux ans au pouvoir du général Mahamat Idriss Déby Itno. Ce dernier avait été proclamé chef de l'Etat par les militaires il y a 18 mois à l'annonce de la mort de son père, Idriss Déby Itno, tué par des rebelles en se rendant sur le front après avoir dirigé le Tchad 30 années durant d'une main de fer. Des ONG locales et internationales, comme l'opposition, assurent depuis trois semaines que des dizaines voire des centaines de personnes ont été tuées dans plusieurs villes le jour de la manifestation, puis après dans des "exécutions extrajudiciaires", mais le pouvoir n'a reconnu à ce jour qu'une "cinquantaine" de morts par balles et plus de 300 blessés la seule journée du 20 octobre, dont une "dizaine de tués" parmi les forces de l'ordre. Le Président Déby, prolongé à ce poste pour deux ans début octobre par un forum de réconciliation nationale boycotté par une grande partie de l'opposition et d'importants groupes rebelles, a toujours affirmé que les manifestants du 20 octobre planifiaient une "insurrection" pour renverser le pouvoir. Depuis les "événements" du 20 octobre, "621 personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre et transférées" à la prison de haute-sécurité de "Koro Toro", en plein désert à plus de 600 km de la capitale, a annoncé lors d'un point de presse le procureur de N'Djamena Moussa Wade Djibrine, évoquant "des actes graves et des attaques ciblées contre les institutions de la République" qu'auraient commis ces détenus. Et "401 personnes ont été orientées devant un tribunal selon la procédure de flagrant délit, 220 autres devant un juge d'instruction" pour enquête, a ajouté le magistrat. Sur l'ensemble, 83 sont déférés "devant les juges pour enfants", selon lui. Les flagrants délits "seront jugés dans les meilleurs délais", a conclu M. Wade Djibrine, qui n'a livré aucun autre détail et répondu à aucune question.