Tchad: première libération de rebelles et opposants amnistiés

AFRICA RADIO

18 janvier 2022 à 15h21 par AFP

Une vingtaine de rebelles et d'opposants, condamnés notamment pour "trahison", ont été libérés mardi au Tchad à la suite d'une amnistie générale pour permettre la participation des groupes armés à un futur dialogue national, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette mesure, annoncée à la fin du mois de novembre par les autorités et votée en décembre par le Parlement, concerne en tout 296 personnes condamnées - qu'elles soient ou non détenues. Elle répond à l'une des exigences des principaux groupes rebelles pour venir à la table des négociations du dialogue national à l'invitation du président Mahamat Idriss Déby Itno. Le dialogue, censé conduire à des élections présidentielle et législatives, doit débuter le 15 février. Le jeune général a pris la tête du Conseil militaire de Transition (CMT) au lendemain de la mort de son père, Idriss Déby Itno, le chef de l'Etat tué en avril 2021 dans des combats contre des rebelles. La libération de 22 prisonniers "constitue un premier pas vers le dialogue national inclusif", a déclaré à l'AFP Mahamat Ahmat Alhabo, ministre de la Justice, devant la prison de Klessom, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de la capitale N'Djamena, où étaient retenus les détenus. "Le CMT a tenu sa parole en nous libérant et il faut que cela concerne tous les autres rebelles", a déclaré à l'AFP Adolphe Djelassem Mbaibe , ex-membre du groupe armé Mouvement pour la paix, la reconstruction et le développement (MPRD). L'ancien rebelle avait été arrêté en 2020 par l'armée tchadienne et condamné notamment pour "atteinte à l'intégrité de l'Etat". La mesure "d'amnistie générale" concerne 39 personnes condamnées pour des faits d'atteinte à l'intégrité de l'État et de délits d'opinion et 257 membres des groupes armés, détenus et jugés notamment pour "terrorisme" après une offensive de l'Union des forces de la résistance (UFR) en 2019, qui visait à renverser le président Déby. Le Tchad, dirigé d'une main de fer pendant plus de 30 ans par Idriss Déby à l'issue d'un coup d'Etat, est fréquemment secoué par des offensives rebelles depuis la Libye et le Soudan voisins, dont certaines les ont menées jusqu'aux portes de la capitale N'Djamena.