Tunisie: Ennahdha affirme que l'ex-ministre Bhiri est "au seuil de la mort"

Par AFP

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Le parti tunisien Ennahdha a affirmé mercredi que l'ex-ministre de la Justice et homme fort de la formation Noureddine Bhiri, hospitalisé en état de détention, était "au seuil de la mort", mais ses médecins ont assuré qu'il était dans un "état stationnaire".

"Sa situation est très critique, il est au seuil de la mort", a indiqué le parti d'inspiration islamiste dans un communiqué. Ennahdha a fait porter aux autorités "l'entière responsabilité" pour la vie de celui qui est considéré comme son numéro deux et qui souffre de diabète, d'hypertension et a des antécédents cardiaques. Il a cessé de s'alimenter depuis le 31 décembre quand des agents civils l'avaient emmené de force devant son domicile, vers un lieu de détention secret. Il avait en outre cessé de prendre ses médicaments mais avait ensuite accepté d'être perfusé, selon les médecins de l'hôpital de Bizerte (nord), où il est suivi depuis dimanche dernier. Ennahdha a demandé à ce qu'il soit libéré "pour pouvoir rentrer chez lui et mettre fin à sa grève de la faim". Hatem Ghadhoun, chef du service de réanimation de l'hôpital où M. Bhiri avait été admis le 2 janvier, deux jours après son arrestation et sa mise au secret, a indiqué à l'AFP qu'il "n'y a pas de changement dans son état" par rapport à samedi dernier. "Son état est toujours stationnaire", a-t-il dit. L'Instance de prévention de la torture (INPT), dont une délégation s'était rendue auprès de M. Bhiri à l'hôpital, a indiqué mercredi programmer une nouvelle visite. Une source informée de l'INPT a indiqué à l'AFP que l'organisation a pu également rendre visite à Fethi Baldi, un autre haut dirigeant d'Ennahdha arrêté le même jour que M. Bhiri. Toutefois ni M. Bhiri, ni M. Baldi n'ont pu voir leurs avocats, a dit la même source, soulignant que l'INPT a réclamé aux autorités "le respect de leurs droits: droit à la défense et droit à une procédure notifiée et transparente suivie par un juge". Ennahdha est au coeur d'un bras de fer avec le président Kais Saied depuis son coup de force du 25 juillet dernier et sa décision de geler le Parlement, que ce parti contrôlait depuis une dizaine d'années.