Un homme d'affaires français, recherché en RDC, dépose plainte pour corruption de magistrat

AFRICA RADIO

28 juillet 2022 à 14h21 par AFP

L'homme d'affaires français Pascal Beveraggi, recherché par la justice de la République démocratique du Congo (RDC) pour faux et viol d'enfant, a déposé une plainte mercredi auprès du parquet financier à Paris pour corruption de magistrat étranger, a annoncé jeudi son avocat.

Le parquet général près la cour d'appel de Kinshasa/Gombe a émis le 16 juillet un avis de recherche pour faux en écriture et usage de faux, puis le lendemain un mandat d'amener pour viol d'enfant à l'encontre de Pascal Beveraggi. La dénonciation de viol auprès de la justice congolaise a été faite en mars, par l'ONG "Comité des observateurs des droits de l'Homme", pour des faits qui se seraient déroulés entre 2016 et 2019 sur une jeune fille née en novembre 2002. M. Beveraggi est en conflit depuis plusieurs années avec l'ancien gouverneur de la province de Katanga, Moïse Katumbi. Les deux hommes se disputent la propriété d'une entreprise minière MCK (Mining Company of Katanga) à Lubumbashi devant des tribunaux congolais et français. L'homme d'affaires, dont le groupe Octavia est présent dans l'activité minière de RDC, a appris qu'il était recherché par la presse, a affirmé Me Emmanuel Marsigny, conseil de M. Beveraggi. Ce dernier, a précisé son avocat, a quitté la RDC le 16 juillet, après un séjour de plusieurs semaines, et son adresse, avant le départ, était connue des autorités. Dans une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi, publiée le 18 juillet par un journal congolais, M. Beveraggi dénonce "l'abandon total de l'Etat de droit" et "l'instrumentalisation de la justice et la dénaturation volontaire des décisions (judiciaires) rendues en France". Il rappelle que la cour d'appel de Kinshasa/Gombo a annulé en mars la saisie de la société au coeur du litige et regrette que cette décision n'ait pas été exécutée. "Une étape supplémentaire a été franchie dans la manipulation des autorités judiciaires de RDC. Les conditions dans lesquelles ces mandats d'amener ont été délivrés justifient qu'une plainte pour corruption de magistrat étranger ait été déposée en France, entre les mains du Parquet national financier (PNF)", a estimé Me Emmanuel Marsigny. "Les faits dénoncés sont totalement inventés. Alors que M. Pascal Beveraggi vient d'être rétabli dans ses droits, la délivrance de ces mandats est une nouvelle manoeuvre grossière et qui serait ridicule si elle ne cherchait pas à (le) salir de manière particulièrement ignoble", a-t-il ajouté.