Yémen: le gouvernement n'a entrepris "aucune escalade" (ministre)

AFRICA RADIO

5 octobre 2022 à 17h06 par AFP

Le gouvernement yéménite a assuré mercredi qu'il n'avait entrepris "aucune mesure d'escalade" malgré la fin de la trêve en vigueur depuis six mois au Yémen, qui fait craindre une résurgence des hostilités dans ce pays dévasté par plus de sept ans de guerre.

"Nous n'avons entrepris aucune mesure d'escalade, même si les Houthis ont déclaré zone militaire la région de la Mer rouge et ont lancé des avertissements aux navires", a déclaré lors d'une conférence de presse à Rabat le ministre yéménite des Affaires étrangères Ahmed Awad Ben Moubarak. Le Yémen est ravagé depuis 2014 par un conflit qui oppose les rebelles Houthis, proches de l'Iran, aux forces gouvernementales, appuyées par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite. Une trêve fragile entre belligérants, en vigueur depuis avril dernier, a expiré dimanche sans être renouvelée, faisant craindre une reprise des attaques armées. La proposition de l'émissaire de l'ONU pour le Yémen Hans Grundberg visant à prolonger la trêve pour une période de six mois supplémentaires a été rejetée par les Houthis qui ont menacé les pays pétroliers du Golfe membres d'une coalition militaire progouvernementale. L'émissaire américain au Yémen Tim Lenderking a quant à lui déclaré mercredi que "les principes fondamentaux de la trêve continuaient de s'appliquer", notamment un niveau minime de violences et le maintien des déplacements de navires et d'avions civils. Il a attribué l'échec des discussions en vue d'une extension de la trêve à la demande des rebelles Houthis que les salaires de leurs forces de sécurité soient versés en priorité. Il a estimé auprès de journalistes que cette exigence "totalement déraisonnable" avait été "trop difficile à accepter pour l'autre partie", mais s'est montré optimiste quant à la possibilité de trouver "une meilleure option en faveur de la paix" si les Houthis faisaient preuve de plus de "flexibilité". "Nous tenons à renouveler la trêve et à préserver ses acquis", a assuré le ministre Ahmed Awad Ben Moubarak, qui s'exprimait en marge d'une visite officielle au Maroc. Le chef de la diplomatie yéménite a toutefois accusé les rebelles de profiter de la prolongation de la guerre, une "source d'enrichissement pour leurs leaders" qui ont "amassé plus de 200 millions de dollars durant les six derniers mois de la trêve" selon lui. Il a également fustigé "la mise en oeuvre du programme expansionniste de l'Iran dans la région". Selon l'ONU, la guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés, les deux tiers de la population ayant besoin d'aide humanitaire.