Libye: le procureur de la CPI exhorte Haftar à empêcher tout "crime" par ses troupes

AFRICA RADIO

9 novembre 2022 à 18h51 par AFP

Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan, en visite en Libye, a affirmé mercredi avoir exhorté le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, à empêcher tout éventuel "crime" par ses troupes.

Dans un briefing en visioconférence au Conseil de sécurité de l'ONU, M. Khan a affirmé, de Tripoli, avoir souligné lors d'une rencontre mardi avec le maréchal à Benghazi (est) que "les commandants militaires doivent empêcher, réprimer et punir les crimes". "J'ai clairement indiqué que nous avons des preuves et des informations concernant les allégations de crimes commis par les troupes de l'ANL (armée autoproclamée par le maréchal Haftar, ndlr) qui faisaient et font l'objet d'enquêtes", a-t-il ajouté. Arrivé samedi à Tripoli pour la première visite d'un procureur de la CPI depuis dix ans, M. Khan s'est entretenu avec plusieurs responsables libyens à Tripoli (ouest) avant de se rendre à Tarhouna lundi (80 km au sud de Tripoli) où de nombreux charniers ont été découverts depuis l'été 2020. M. Khan a salué "le travail judiciaire courageux des Libyens avec des moyens modestes", s'engageant à apporter une "assistance technique et un appui aux services médico-légaux en Libye". A ce jour, plus de 270 corps ont été découverts dans des charniers à Tarhouna par les équipes du département des enquêtes criminelles et de l'Autorité générale pour la recherche et l'identification des disparus. Les premières fosses communes ont été découvertes après le départ de la ville en juin 2020 des forces du maréchal Khalifa Haftar qui avait tenté, sans succès, d'avril 2019 à juin 2020, de conquérir la capitale Tripoli, où siégeait le gouvernement reconnu par l'ONU. "Nous devons faire mieux, nous devons faire plus", a indiqué M. Khan, soulignant la nécessité d'un partenariat avec les autorités libyennes pour rendre justice aux victimes qui veulent que "la vérité éclate, que leurs voix soient entendues et que les allégations soient juridiquement déterminées par des juges indépendants et impartiaux". "Il est inadmissible d'entretenir le sentiment que l'impunité est inévitable", a-t-il martelé.