Ouganda: 5.000 réfugiés après des attaques dans l'est de la RDC

Par AFP

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Au moins 5.000 personnes se sont réfugiées lundi en Ouganda après l'attaque de positions de l'armée congolaise près de la frontière entre les deux pays, a-t-on appris de sources officielle et humanitaire.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des hommes armés non identifiés ont attaqué plusieurs sites militaires dans la zone de Bunagana, un important poste douanier situé à 80 km de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette zone abrite notamment une base d'écogardes, des paramilitaires chargés de la protection du parc des Virunga, qui est passée sous le contrôle des assaillants. Lundi après-midi, des autorités locales du district de Kisoro, qui borde la frontière coté Ouganda, ont affirmé que 5.000 personnes s'y sont réfugiées. "Les réfugiés sont venus en grand nombre, estimé à 5.000 personnes, et d'autres sont encore en train de venir", a écrit Rukundo Manasseh, président du comité de gestion des catastrophes de Kisoro, dans une lettre adressée aux responsables locaux et consultée par l'AFP. "La zone est submergée par ces réfugiés", ajoute-t-il, qualifiant la situation de "très alarmante". Près de la frontière, ces derniers n'ont accès ni à de l'eau potable ni à des abris, en pleine saison des pluies, poursuit-il. "La plupart des réfugiés sont des personnes âgées, des enfants et des femmes", note-t-il également. Primrose Natukunda, directrice de la Croix-rouge de Kisoro, a confirmé ce chiffre, ajoutant que certaines personnes n'étaient pas passées par le poste frontière de Bunagana. "Il y a même plus que 5.000 (réfugiés) maintenant car il y en a d'autres qui sont entrés par les frontières poreuses", a-t-elle déclaré à l'AFP. Mme Natukunda avait plus tôt indiqué que des réfugiés avaient été transportés vers le centre de transit de Nyakabande, à une dizaine de kilomètres de la frontière. Une source interrogée par l'AFP évoquait jusqu'ici environ 1.000 réfugiés. Ces attaques par des hommes lourdement armés ont commencé dimanche à 22h00 (20H00 GMT), a indiqué à l'AFP un haut responsable militaire congolais, faisant état de "détonations d'armes lourdes et légères" qui se poursuivaient tôt lundi et qui ont fait fuir les habitants. Depuis le matin, la zone de Bunagana est vidée de sa population, selon des témoins interrogés par l'AFP. Les provinces congolaises du Nord-Kivu et de l'Ituri sont placées depuis le 6 mai en état de siège pour lutter contre des groupes armés qui terrorisent les populations civiles. Le président Félix Tshisekedi y a remplacé des autorités civiles par des officiers de l'armée et de la police.