RDC: 4 morts dont 2 Chinois dans l'attaque d'un site minier en Ituri

Par AFP

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Au moins quatre personnes dont deux ressortissants chinois ont été tuées dans l'attaque par des miliciens d'un site d'exploitation artisanale d'or dans le nord-est de la République démocratique du Congo, région secouée par des violences, a-t-on jeudi de sources locale et militaire.

Des miliciens du groupe armé Codeco (Coopérative pour le développement du Congo) ont attaqué mercredi le site minier de Damblo, où sont installés des ressortissants chinois, dans le territoire de Djugu, a expliqué à l'AFP Lokana Pay, président de la société civile de Mungwalu. Pendant l'attaque, "tous les travailleurs étaient encore là et les Chinois étaient au nombre de douze", les miliciens "ont tué deux Chinois, leurs corps ont été retrouvés sur place et les dix [autres] sont portés disparus", a-t-il déclaré. Le site minier de Damblo est situé à environ 60 km au nord de Bunia, capitale de la province de l'Ituri. Interrogé, le porte-parole de l'armée en Ituri a confirmé l'attaque et "la mort de deux Chinois". "Un ressortissant ougandais et une femme congolaise qui travaillaient avec ces Chinois ont été eux aussi tués par ces miliciens Codeco", a dit ce porte-parole, le lieutenant Jules Ngongo. "Nous regrettons ces morts mais il faut aussi dire que la plupart de ces Chinois sont dans une situation irrégulière, et parfois certains collaborent avec les miliciens Codeco dans la zone minière pour leur faciliter l'exploitation illicite des minerais", a déploré par ailleurs le lieutenant Ngongo. En RDC, plusieurs attaques contre des Chinois dans des sites miniers ont été rapportées récemment. Dans le territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, cinq Chinois travaillant dans une mine d'or ont été kidnappés dimanche par des hommes armés non identifiés. La région aurifère de l'Ituri a renoué avec les violences depuis fin 2017 avec l'avènement de la milice Codeco qui prétend défendre les intérêts des Lendu, une des communautés de cette province. Depuis mai, l'Ituri et la province voisine du Nord-Kivu sont sous état de siège, mesure exceptionnelle destinée à lutter contre les groupes armés. Les autorités civiles y ont été remplacées par des officiers de l'armée et de la police. Cependant, massacres et enlèvements de civils se poursuivent. En Ituri, la dernière tuerie d'envergure remonte à lundi avec un bilan d'au moins 29 morts.

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