RDC: dispersion d'une marche pour la libération d'un dignitaire pro-Kabila à Lubumbashi

AFRICA RADIO

18 janvier 2022 à 16h06 par AFP

La police a dispersé mardi à Lubumbashi (sud-est de la République démocratique du Congo) plusieurs dizaines de manifestants qui tentaient de marcher pour exiger la libération d'un dignitaire proche de l'ancien président Joseph Kabila, selon un correspondant de l'AFP.

Les policiers ont utilisé matraques et gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui s'étaient rassemblés près du siège de l'assemblée provinciale du Haut-Katanga, point de départ de la marche, a constaté un correspondant de l'AFP à Lubumbashi. Plusieurs dignitaires de l'ancien régime du président Kabila étaient à la tête du cortège pour exiger la libération du pasteur Daniel Ngoy Mulunda, condamné à trois ans de prison notamment pour atteinte à la sécurité de l'Etat. "Nous avons enregistré 14 blessés graves, 41 blessés légers dont deux députés nationaux", a déclaré à l'AFP Pablo Ngwej, l'un des organisateurs de cette manifestation, que la mairie de Lubumbashi avait interdite après l'avoir autorisée deux semaines auparavant. Aussitôt, quelques leaders politiques originaires du Katanga ont réagi. "Je condamne fermement l'usage disproportionné de la force et le recours à la violence pour réprimer la manifestation pacifique (...). Les tirs à balles réelles et l'usage intempestif des gaz lacrymogènes sont injustifiables", a écrit Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l'ex-Katanga et membre de la coalition gouvernementale. Cette violence est un "véritable recul de la démocratie consolidée durant les deux dernières décennies" par le président Joseph Kabila, a écrit sur Twitter Félix Momat, ancien vice-ministre du Budget pro-Kabila. Âgé aujourd'hui de 50 ans, M. Kabila est arrivé au pouvoir à 29 ans, en janvier 2001, après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila qui avait renversé en 1997 l'ex-dictateur Mobutu Sese Seko. Il a été président jusqu'en janvier 2019, lorsque l'actuel chef de l'État et ancien opposant Félix Tshisekedi lui a succédé. Le pasteur Daniel Ngoy Mulunda a été condamné en janvier 2021 à trois ans de prison pour atteinte à la sécurité de l'État et incitation à la haine tribale, après avoir déclaré lors d'une prédication que le Katanga allait se couper du reste de la RDC si on continuait à ne pas respecter l'ancien président Kabila. La loi congolaise permet aux prisonniers "exemplaires" de bénéficier d'une libération conditionnelle après avoir purgé le tiers de leur peine.