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RDC/Rwanda: nouvelle médiation à Luanda sur fond de regain des tensions

Les ministres des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo et du Rwanda sont arrivés samedi à la présidence angolaise pour une nouvelle médiation après une récente intensification des tensions dans l'est de la RDC, a constaté un journaliste de l'AFP.

AFRICA RADIO

5 novembre 2022 à 11h51 par AFP

Christophe Lutundula (RDC) et Vincent Biruta (Rwanda) ont été reçus par le président angolais João Lourenço, médiateur désigné par l'Union africaine. L'est de la RDC est en proie depuis près de trois décennies aux violences de groupes armés, pour beaucoup héritées de guerres qui ont ensanglanté la région dans le sillage du génocide rwandais de 1994. La tension est particulièrement vive entre Kinshasa et Kigali depuis la résurgence fin 2021 du M23 ("Mouvement du 23 mars"), ancienne rébellion tutsi qui a repris les armes en reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation de ses combattants. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion, ce que Kigali conteste systématiquement. Après plusieurs semaines d'accalmie, la rébellion du M23 est à l'offensive depuis le 20 octobre et a gagné du terrain tandis que les Forces armées congolaises (FARDC) tentent de leur barrer la route vers Goma, ville de plus d'un million d'habitants et chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Luanda avait déjà tenté de normaliser les relations entre les deux voisins en juillet. Un cessez-le-feu avait été conclu lors d'un sommet entre le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Félix Tshisekedi. Mais sur le terrain, les affrontements s'étaient poursuivis dès le lendemain. Des milliers de Congolais en colère ont manifesté dimanche et lundi à Goma, certains ont brûlé un drapeau rwandais. Kinshasa a annoncé le weekend dernier l'expulsion de l'ambassadeur rwandais, Vincent Karega, et rappelé son chargé d'affaires à Kigali. Le regain des tensions entre les deux pays des Grands Lacs inquiète la communauté internationale qui a appelé à l'arrêt immédiat des combats et au retrait du M23 des zones occupées. Selon l'ONU, les combats entre les FARDC et le M23 ont déplacé depuis le 20 octobre quelque 50.000 personnes, dont 12.000 ont trouvé refuge en Ouganda.