RDC: un garde des Virunga tué lors d'une attaque armée, le M23 soupçonné

Par AFP

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Un garde du Parc national des Virunga, dans l'est de la RDC, a été tué samedi soir dans l'attaque d'un poste de patrouille par de présumés rebelles du mouvement M23, a annoncé dimanche l'Institut congolais de conservation de la nature (ICCN).

L'attaque a été menée vers 20H30 contre le poste de garde du parc situé près du village de Bukima, dans le secteur de Mikeno, précise l'ICCN dans un communiqué. "Le bilan final fait état d'un décès par balles parmi les gardes", ajoute le texte, précisant que les autres gardes présents sur le lieu de l'attaque sont sains et saufs. Selon la même source, l'assaut, "violent", a été "mené par une centaine d'individus fortement armés". "Les auteurs présumés sont les ex-membres du M23 regroupés aux confins des frontières rwandaise et ougandaise, qui cherchent à établir des bases sur le territoire du Parc national des Virunga", assure l'ICCN. Le M23, pour "Mouvement du 23 mars", est une ancienne rébellion de Congolais tutsi soutenus par le Rwanda et l'Ouganda, qui avait été défaite en 2013. Il a été accusé le 8 novembre dernier d'avoir attaqué des positions de l'armée près de la frontière ougandaise, dans une zone abritant une autre base d'écogardes des Virunga, ce que la direction du groupe armé avait démenti. L'ICCN "condamne fermement cette nouvelle attaque", ajoute l'organisme public dans son communiqué, en rappelant que ses gardes, des "agents de l'Etat", ont pour mandat "d'assurer la protection du patrimoine naturel congolais qui, dans le cas du Parc national des Virunga, est aussi inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco". Le parc des Virunga, notamment le secteur de Mikeno, abrite en particulier des gorilles de montagne. Par ailleurs, dans la même province du Nord-Kivu, la route menant vers l'Ouganda a été bloquée toute la matinée dimanche par des habitants en colère, qui reprochaient à la police de ne pas être intervenue dans la nuit pour empêcher l'enlèvement de quatre personnes par des hommes armés dans la localité de Rangira, ont indiqué des sources de la société civile locale. Avant de bloquer la voie avec des troncs d'arbres et des pneus enflammés, les manifestants avaient incendié le commissariat. La route a fini par être dégagée après des discussions avec les autorités militaires.