Sénégal: l'opposant Dias à nouveau arrêté puis relâché, selon son avocat

Par AFP

AFRICA RADIO

L'opposant sénégalais Barthélémy Dias, candidat à la mairie de Dakar, a de nouveau été interpellé mercredi, et relâché au bout de deux heures, une semaine après avoir été détenu à la suite de heurts entre ses partisans et les forces de l'ordre, selon l'un de ses avocats.

"Il a été relâché", a déclaré à l'AFP Me Cheikh Khouraissy Ba, dont le client avait été conduit dans un commissariat de Dakar. Me Ba avait rapporté auparavant que M. Dias avait été arrêté à la sortie de chez lui "alors qu'il partait en petit cortège distribuer des flyers (des tracts) au Plateau", le quartier d'affaires et des grandes institutions. La police, interrogée par l'AFP, ne s'est pas exprimée. Mais la préfecture a indiqué dans un communiqué reproduit sur les réseaux sociaux que les rassemblements publics étaient "soumis à l'obligation d'une déclaration préalable" auprès de l'administration et que les contrevenants s'exposaient à des sanctions. Elle ne fait pas référence explicitement à M. Dias. "Laissez-nous battre campagne", a ensuite déclaré M. Dias devant la presse à l'adresse des autorités. M. Dias, farouche adversaire du président Macky Sall, avait déjà été arrêté et retenu par les policiers pendant quelques heures le 10 novembre, en même temps que deux autres figures de l'opposition, Ousmane Sonko, annoncé comme un des principaux concurrents à la présidentielle de 2024, et Elhadji Malick Gakou, ancien ministre. Ils avaient été interpellés à la suite de violences entre leurs partisans et les forces de l'ordre sur le chemin du tribunal où M. Dias devait comparaître pour une affaire de 2011. M. Dias devait répondre en appel avec d'autres prévenus de la mort d'un homme abattu par balle dans un contexte de violences politiques. M. Dias, maire de Mermoz-Sacré-Coeur, une commune de Dakar, est le candidat d'une coalition de partis de l'opposition à la mairie de Dakar aux élections municipales de janvier 2022. Les incidents de la semaine passée ont suscité la crainte d'une escalade débouchant sur des troubles semblables à ceux qui ont agité le Sénégal en mars et qui ont fait au moins une douzaine de morts.