Soudan: l'armée accuse un groupe rebelle de violences dans le sud

AFRICA RADIO

19 octobre 2022 à 14h36 par AFP

L'armée soudanaise a accusé mercredi un groupe rebelle qui a refusé de rejoindre l'accord de paix de 2020 d'avoir attaqué au mortier une ville du sud du pays.

"Des éléments du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-Nord) ont lancé mardi des attaques aveugles sur Lagowa" dans l'Etat du Kordofan-Ouest, a-t-elle affirmé dans un communiqué. Deux paramilitaires des Forces de soutien rapide -supplétifs de l'armée- ont été blessés dans ces tirs d'obus qui ont visé un marché et deux quartiers, selon le texte. Les rebelles s'en sont ensuite pris à l'armée qui "les a forcés à se retirer". Le SPLM-Nord, dirigé par Abdelaziz al-Hilu, est implanté dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu depuis lesquels il a combattu les troupes du dictateur Omar el-Béchir, chassé du pouvoir en 2019. Le pouvoir de transition qui a remplacé Omar el-Béchir avait décrété dans la foulée un "cessez-le-feu permanent" dans les zones secouées par des conflits avec les rebelles. L'attaque de mardi, estime l'armée, "est une violation claire du cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2019". En 2020, deux groupes rebelles, dont celui de M. Hilu, ont refusé de rejoindre l'accord de paix signé par Khartoum avec les autres groupes rebelles du pays. Depuis, le pouvoir militaro-civil à Khartoum a été renversé par un putsch, que M. Hilu dénonce chaque jour sur les réseaux sociaux. Samedi, l'armée avait fait état d'affrontements tribaux meurtriers au Kordofan-Ouest. Au moins 12 personnes y ont trouvé la mort selon l'ONU qui fait état d'"échanges de tirs sur le marché de Lagowa" durant plusieurs jours. L'ONU affirme qu'il s'agit d'un différend pour la terre entre la tribu arabe des Misseriya et des membres de l'ethnie africaine Nouba. Le SPLM-Nord a démenti toute implication dans ces violences.