Centrafrique: Bozizé à N'Djamena, "réfugié" dans l'attente d'un hypothétique dialogue

Par AFP

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Le chef des rebelles centrafricains, l'ex-président François Bozizé, est dans la capitale du Tchad avec plusieurs de ses alliés dans l'attente d'un hypothétique dialogue avec Bangui - qui dit s'y refuser -, ont indiqué dimanche N'Djamena et un responsable de la rébellion.

Les versions divergent. Pour les uns, le chef de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), alliance qui a lancé une rébellion en décembre 2020, est "réfugié" à N'Djamena depuis que ses troupes ont été largement repoussées; pour les autres il s'y est rendu pour un éventuel début de dialogue avec le pouvoir du président centrafricain Faustin Archange Touadéra. M. Bozizé est à N'Djamena "en compagnie d'autres chefs rebelles", "dans le cadre d'un processus entamé en accord avec le gouvernement centrafricain", a affirmé à l'AFP le ministre Abdramane Koulamallah, porte-parole du gouvernement tchadien. Mi-septembre, les chefs d'Etat de la région, réunis à Luanda, avaient rédigé une feuille de route pour un dialogue notamment entre les rebelles et Bangui. "Bozizé est à N'Djamena" avec d'autres leaders de la CPC, "pour y suivre les avancées de la médiation de Luanda", a assuré à l'AFP Jamil Baba Nani, porte-parole du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), membre de la CPC. M. Bozizé avait été renversé en 2013 par une coalition à dominante musulmane, la Séléka, coup d'Etat qui avait enclenché une sanglante guerre civile quand il avait fédéré des milices chrétiennes et animistes - les anti-balakas - pour tenter de reprendre le pouvoir. L'ex-président est logé dans une villa de la capitale tchadienne avec des leaders de la CPC, a affirmé l'un d'eux à l'AFP à N'Djamena, sous couvert de l'anonymat. "Nous sommes ici en tant que réfugiés, a-t-il précisé, "à Luanda, il nous a été demandé de nous retirer de nos bases pour nous réfugier quelque part en attendant le dialogue politique". Les autorités centrafricaines "ne sont pas au courant" de la présence de M. Bozizé à N'Djamena et "ne sont pas impliquées dans ce processus", a réagi à Bangui le porte-parole de la présidence Albert Yaloke Mokpeme à l'AFP. "Leur présence à N'Djamena est en lien avec la feuille de route de Luanda, les chefs rebelles doivent s'exiler pour éviter d'être traduits en justice, c'est pour cela qu'ils ont demandé au Tchad de les accueillir (...) mais le gouvernement centrafricain a déjà tranché: ils ne veulent pas dialoguer avec les rebelles", affirme un diplomate africain qui suit le processus et a requis l'anonymat. En décembre 2020, les plus puissants des groupes armés qui occupaient alors les deux tiers du pays ont lancé une offensive sur Bangui sous la bannière de la CPC, offensive qui a tourné court: grâce au renfort de centaines de paramilitaires russes et de soldats d'élite rwandais, les rebelles ont été mis en déroute et les autorités centrafricaines ont reconquis la grande majorité du territoire. yas-dwi-bdl-gir/ayv