Force est-africaine en RDC: l'Ouganda va déployer un millier de soldats

AFRICA RADIO

22 novembre 2022 à 15h06 par AFP

L'Ouganda a annoncé mardi envoyer un millier de soldats d'ici fin novembre dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre d'une force régionale est-africaine déployée dans cette région en proie aux groupes armés.

"Nous finalisons la préparation de nos troupes avant de les introduire dans l'est de la RDC" aux côté de soldats kenyans déjà sur le terrain à Goma, a déclaré à l'AFP le porte-parole Kulayigyde l'armée ougandaise, Felix Kulayigye. "Nous envoyons environ 1.000 (soldats) en mission", a-t-il déclaré, sans donner la date exacte du départ. Deux sources militaires ont précisé à l'AFP que des équipes du renseignement, des services médicaux et logistiques étaient déjà à Goma pour préparer le déploiement prévu, sous la menace d'une offensive du M23, ex-rébellion tutsi qui a repris les armes fin 2021. Les sept pays de la Communauté des États d'Afrique de l'est (EAC) - Burundi, Kenya, Ouganda, RDC, Rwanda, Soudan du Sud, Tanzanie - ont décidé en juin de l'envoi d'une force régionale pour stabiliser l'est de la RDC, en proie aux violences depuis près de 30 ans. La récente offensive du M23 a alimenté les tensions diplomatiques entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa accuse le Rwanda d'apporter au M23 un soutien que des experts de l'ONU et des responsables américains ont également pointé ces derniers mois. Kigali conteste, accusant en retour Kinshasa de collusion avec les FDLR, des rebelles hutu rwandais implantés en RD Congo depuis le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda. Le Kenya assure le commandement de la mission de la Communauté des États d'Afrique de l'est, qui comprend également des soldats du Burundi et du Soudan du Sud. Les soldats kényans et ougandais doivent se déployer aux côtés des militaires congolais dans le Nord-Kivu et en Ituri, l'armée sud-soudanaise dans le Haut-Uélé et les Burundais dans le Sud-Kivu. Un contingent rwandais sera déployé le long de la frontière, après que Kinshasa s'est opposé à la participation de Kigali à toute opération sur son sol.