Libye: l'ONU "préoccupée" pour la santé de détenus en grève de la faim

AFRICA RADIO

17 novembre 2022 à 11h36 par AFP

La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) a exprimé jeudi son inquiétude pour le sort de détenus en grève de la faim dans une prison de Tripoli (ouest), appelant les autorités libyennes à libérer ceux qui sont détenus sans base juridique.

La Manul est "préoccupée par des informations selon lesquelles plus de 70 détenus à la prison de Mitiga ont entamé depuis octobre une grève de la faim", selon un communiqué. Ces détenus "protestent contre leur détention arbitraire prolongée" dans des "conditions déplorables" et subissent "des mauvais traitements", dont le refus de leur accorder des visites de leurs proches ou des soins médicaux, selon la Manul. La Manul a appelé les autorités judiciaires libyennes à "ouvrir une enquête", à libérer "immédiatement" toutes les personnes détenues sans fondement juridique et à "garantir les droits de tous les détenus" conformément au droit international et aux lois libyennes. Leur état de santé "s'est détérioré" ces dernières semaines, a ajouté la mission onusienne, évoquant des rapports selon lesquels ils ont subi des "représailles". La prison de Mitiga, où sont détenues des centaines de personnes, est située sur une ancienne base aérienne qui comprend le seul aéroport opérationnel de Tripoli. Elle est contrôlée par la "al-Radaa" ("Force de dissuasion"), une puissante milice ultra-conservatrice qui fait office de police à Tripoli et arrête aussi bien des jihadistes que des délinquants de droit commun. Critiquée pour ses méthodes répressives et soupçonnée par des ONG et par la communauté internationale de violations des droits de l'Homme, elle détient également des personnes sur ordre du Procureur général dans l'attente de leur procès. La Libye a sombré dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, avec des pouvoirs rivaux basés dans l'Est et l'Ouest, une myriade de milices armées et des mercenaires étrangers disséminés dans le pays, sur fond d'ingérences étrangères.