RDC: les ADF accusés d'avoir tué 6 personnes, le M23 d'avoir bombardé une centrale

AFRICA RADIO

17 août 2022 à 19h06 par AFP

Deux groupes rebelles actifs dans l'est de la République démocratique du Congo ont été accusés mercredi l'un d'avoir tué au moins six personnes en Ituri, l'autre d'avoir bombardé le chantier d'une centrale hydroélectrique dans le Nord-Kivu.

Des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont tué mardi soir six civils dans leur fuite après une incursion dans le village de Lolwa, en Ituri, a précisé le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des opérations militaires dans la province. Selon lui, l'armée a pu libérer quinze autres personnes qui avaient été emmenées par les rebelles, dont un élément a été "neutralisé" et trois autres capturés. Dieudonné Lossa Dhekana, coordonnateur de la société civile d'Ituri, a de son côté indiqué que sept personnes avaient été tuées par les ADF dans cette attaque. Le groupe ADF est présenté par l'organisation État islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale. Il est accusé de massacres de milliers de civils dans l'est congolais et d'attentats jihadistes en Ouganda. Par ailleurs, des combats ont été signalés mardi dans la province voisine du Nord-Kivu avec le M23 (Mouvement du 23 mars), une ancienne rébellion tutsi réapparue en fin d'année dernière que Kinshasa affirme soutenue par le Rwanda (ce que dément Kigali). Dans un communiqué, l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a déploré mercredi une "attaque à l'artillerie sur le chantier de construction de la nouvelle centrale de Rwanguba" dans le parc national des Virunga, célèbre pour ses gorilles de montagne. Selon les communautés locales, les tirs provenaient de positions du M23, précise le texte. "Aucune victime n'est à déplorer parmi les membres du personnel", mais "plusieurs victimes sont décédées dans les villages alentour", selon l'ICCN, et les dégâts matériels sur le chantier sont "significatifs", indique le communiqué. Des sources médicales ont de leur côté évoqué une douzaine de blessés mardi dans ce secteur. L'Union européenne en RDC, qui soutient ce chantier notamment, a dit sur Twitter avoir appris "avec indignation" ce bombardement "par le M23". "L'UE condamne avec la dernière énergie ce sabotage d'un ouvrage d'utilité publique destiné à fournir l'électricité aux habitants du Nord-Kivu" et "demande instamment au M23 de déposer les armes et de se retirer des zones occupées", a-t-elle ajouté.