Rébellion du M23 en RDC: des centaines de jeunes prêts à intégrer l'armée

AFRICA RADIO

5 novembre 2022 à 14h21 par AFP

Des centaines de jeunes Congolais se sont portés volontaires pour s'enrôler dans l'armée et combattre les rebelles du M23 qui gagnent du terrain dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris samedi de source militaire.

Dans un message à la nation jeudi, le président congolais Félix Tshisekedi avait "renouvelé" son appel aux jeunes Congolais qui en ont la vocation "à s'enrôler massivement" dans l'armée pour combattre la rébellion du "Mouvement du 23 mars"(M23). "Depuis ce matin (samedi), nous sommes au delà de 800 jeunes garçons et filles qui ont répondu présents à l'appel du chef de l'État", a déclaré à l'AFP le Colonel Ndakala Faustin, directeur chargé du recrutement au sein de l'armée dans la province du Nord-Kivu. L'officier confirmait une information partagée sur les réseaux sociaux avec des images montrant des centaines des jeunes rassemblés dans un centre de recrutement, en train de faire des exercices physiques. "C'est une mobilisation générale de la jeunesse du Nord-Kivu (est)", s'est-il félicité, indiquant que dans la partie nord de la province, "2.018 jeunes" ont rejoint un camp de formation à Beni et "attendent leur enregistrement". "Ceux qui seront aptes vont aller au centre d'instruction, s'il veulent devenir militaires, ils vont servir après l'agression (du M23) parce que je suis sûr que nous allons bouter l'ennemi dehors" d'ici-là, a-t-il dit. L'est de la RDC est en proie depuis près de trois décennies aux violences de groupes armés, pour beaucoup hérités de guerres qui ont ensanglanté la région dans le sillage du génocide rwandais de 1994. Depuis, les deux pays entretiennent des relations de méfiance. La tension est particulièrement vive entre Kinshasa et Kigali depuis la résurgence fin 2021 du M23, une ancienne rébellion tutsi qui a repris les armes en reprochant à la RDC de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation de ses combattants. Kinshasa accuse Kigali de soutenir cette rébellion, ce que le Rwanda conteste. Après plusieurs semaines d'accalmie, le M23 est à l'offensive depuis le 20 octobre et a gagné du terrain tandis que les Forces armées congolaises (FARDC) tentent de lui barrer la route vers Goma, ville de plus d'un million d'habitants et chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Ce regain des tensions entre les deux pays des Grands Lacs inquiète la communauté internationale qui a appelé à l'arrêt immédiat des combats et au retrait du M23 des zones occupées. Samedi, les ministres des Affaires étrangères de RDC et du Rwanda sont arrivés à la présidence angolaise pour une nouvelle médiation.