Tentative avortée de migrants de rentrer dans l'enclave espagnole de Melilla

AFRICA RADIO

4 mars 2022 à 14h51 par AFP

Une nouvelle tentative massive de migrants d'entrer dans l'enclave espagnole de Melilla, sur la côte nord du Maroc, a eu lieu vendredi mais ce groupe de "plus de 1.000" personnes n'y est pas parvenu, a annoncé le ministre espagnol de l'Intérieur.

"Ce matin, une autre tentative de franchir la clôture de Melilla de la part d'un groupe de plus de 1.000 personnes" a eu lieu, "mais le franchissement a été évité" grâce à l'action des forces de l'ordre espagnoles et marocaines, a déclaré Fernando Grande-Marlaska devant la presse. "La collaboration et la coopération avec la gendarmerie marocaine est totale, parfaite", a-t-il assuré alors qu'en mai, Madrid avait accusé Rabat d'"agression" et de "chantage" après l'entrée de plus de 10.000 migrants, en grande majorité des Marocains, dans l'autre enclave espagnole de Ceuta à la faveur d'un relâchement des contrôles côté marocain. Mercredi, la tentative d'environ 2.500 migrants de pénétrer à Melilla avait été la plus massive jamais enregistrée dans cette enclave, selon les autorités. Le lendemain, environ 1.200 migrants avaient de nouveau tenté d'y entrer. Au total, en deux jours, 871 migrants ont réussi à rentrer à Melilla contre 1.092 sur l'ensemble de l'année 2021. M. Grande-Marlaska a affirmé que ces migrants avaient fait preuve d'une "violence jamais utilisée" par le passé. Si Madrid loue la "collaboration" de Rabat, une source au sein des forces de l'ordre espagnole évoque une possible "pression" du Maroc et note auprès de l'AFP qu'il est "très étrange que 2.500 migrants descendent (vers la clôture depuis le Maroc) sans qu'aucune résistance ne leur soit opposée jusqu'à leur arrivée" au niveau de la clôture. Melilla et Ceuta, à près de 400 kilomètres plus à l'ouest, constituent les seules frontières terrestres de l'UE sur le continent africain et font régulièrement l'objet de tentatives d'entrée de la part de migrants cherchant à rejoindre l'Europe. En mai, la crise de Ceuta avait eu lieu dans un contexte de brouille diplomatique majeure entre Madrid et Rabat, provoquée par l'accueil en Espagne, pour y être soigné du Covid, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, ennemi juré des autorités marocaines. Si les tensions se sont depuis apaisées, elles n'ont pas pris fin. Rappelée pour consultations en mai, l'ambassadrice du Maroc en Espagne n'est toujours pas revenue à Madrid.