Tunisie: l'ex-ministre d'Ennahdha dans un "état stable" (médecin à l'AFP)

Par AFP

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L'ex-ministre et homme fort du parti tunisien d'inspiration islamiste Ennahdha, Noureddine Bhiri, arrêté il y a une semaine et hospitalisé deux jours plus tard, est "dans un état stable", a indiqué à l'AFP vendredi, un médecin de l'hôpital.

"Il est dans un état stable", a déclaré Hatem Ghadhoun, chef du service de réanimation de l'hôpital Habib Bougatfa de Bizerte (nord), où M. Bhiri, atteint de maladies chroniques, a été placé sous "surveillance médicale" dès dimanche. Le médecin a ajouté que l'ancien ministre de la Justice, souffrant de diabète, d'hypertension et de problèmes cardiaques, avait "accepté d'être perfusé avec du sérum et un traitement pour équilibrer la tension" mais il est "toujours en grève de la faim". A propos de l'état de M. Bhiri, dont Ennahdha assure qu'il est "critique", le président Saied l'a accusé jeudi de "chercher à devenir une victime" alors qu'il "a bénéficié de tous les soins et garanties pour préserver sa santé". Vendredi dernier, M. Bhiri avait été emmené en voiture par des policiers en civil vers un lieu tenu secret, dans ce que son parti a décrit comme "un enlèvement". Ennahdha est au coeur d'un bras de fer avec le président Kais Saied depuis son coup de force du 25 juillet dernier et sa décision de geler le Parlement, que ce parti contrôlait depuis une dizaine d'années. Ennahdha et d'autres opposants ont dénoncé un "coup d'Etat", et différentes ONG tunisiennes et internationales disent redouter une dérive autoritaire. Le président Saied affirme lui vouloir "sauver" le pays, rongé par des mois de blocages politiques, et a annoncé en décembre un référendum pour le 25 juillet prochain. L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a diffusé un communiqué, une semaine après les faits, pour dénoncer "une détention arbitraire", "sans mandat d'arrêt". HRW a déploré l'arrestation "le même jour dans des circonstances similaires" de Fethi Baldi, un ex-dirigeant du ministère de l'Intérieur, placé dans un lieu secret. Ces détentions "témoignent de la menace croissante qui pèse sur la protection des droits humains" en Tunisie, selon HRW. Selon le ministère de l'Intérieur qui a ordonné les deux "assignations à résidence", leur dossier est "lié à des soupçons graves de terrorisme". Le parquet tunisien a confirmé l'ouverture d'une enquête par le pôle judiciaire antiterroriste.