Cap-Vert: un proche de Nicolas Maduro réclamé par Washington placé en résidence surveillée

Par AFP

AFRICA RADIO

L'homme d'affaires colombien Alex Saab, un proche du président vénézuélien Nicolas Maduro, a été placé en résidence surveillée au Cap-Vert, où il a fait appel devant la Cour suprême de son extradition vers les Etats-Unis, a indiqué mardi le parquet général local.

Le transfèrement sous forte escorte de M. Saab de la prison de Sal, l'une des îles de l'archipel, vers une résidence privée sur la même île, s'est déroulé lundi soir, selon des images diffusées mardi par la télévision capverdienne.L'homme d'affaires a été placé en résidence surveillée car sa détention provisoire avait "dépassé la période légale", a indiqué dans un communiqué le bureau du procureur général du Cap-Vert. La décision de principe avait été prise le 21 janvier.Selon ses avocats, l'homme d'affaires de 49 ans, réclamé par Washington pour blanchiment d'argent, se trouve dans "un état de santé délicat" et "il n'existe aucun risque de fuite (...) s'il se trouve en résidence surveillée".M. Saab est accusé par les Etats-Unis de tirer les ficelles d'un vaste réseau ayant permis au dirigeant socialiste Nicolas Maduro et à son régime de détourner à leur profit de l'aide alimentaire à destination du Venezuela.Inculpé en juillet 2019 à Miami pour blanchiment d'argent, il avait finalement été interpellé lors d'une étape technique de son avion au Cap-Vert à la mi-juin 2020. Le 4 janvier la justice capverdienne a confirmé en appel son extradition, autorisée en première instance au mois d'août. M. Saab a introduit un recours devant la Cour suprême.Avec son associé Alvaro Pulido, également inculpé pour blanchiment, M. Saab aurait transféré 350 millions de dollars (285 millions d'euros) hors du Venezuela sur des comptes étrangers qu'ils possédaient ou contrôlaient. Les deux hommes encourent jusqu'à 20 ans de prison.L'opposition vénézuélienne décrit Alex Saab comme une "figure de proue" du pouvoir de M. Maduro.Caracas, qui a accordé à M. Saab la nationalité vénézuélienne et le titre diplomatique d'"envoyé spécial", considère sa détention sur l'archipel africain comme "arbitraire".Le ministère public capverdien a indiqué la semaine dernière que l'examen de la demande d'extradition par les Etats-Unis "suivait son cours".