Guinée: le président Condé a reçu une dose du vaccin russe contre le Covid-19

Par AFP

AFRICA RADIO

Le président guinéen Alpha Condé, 82 ans, a reçu vendredi une première dose du vaccin russe Spoutnik V, dans le cadre d'une phase pilote dont ont jusqu'à présent principalement bénéficié des membres du gouvernement, a-t-on appris samedi de source proche de la présidence.

Le ministre de la Défense, Mohamed Diané, scientifique de formation, avait été le premier à recevoir le 30 décembre le vaccin mis au point par le Centre national russe d'épidémiologie et de microbiologie Gamaleïa.Plusieurs membres du gouvernement -- "ceux n'ayant pas déjà contracté le virus" -- ont été vaccinés au cours des deux dernières semaines, a dit samedi à l'AFP le chargé de communication de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), Sory II Kéira.Ils ont été suivis vendredi par le président Condé, selon une source proche de la présidence et des images diffusées par la télévision nationale.La Guinée, pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, a obtenu 60 doses de Spoutnik V. Elle va vacciner dans un premier temps un petit nombre de volontaires d'un certain âge. Après cette phase pilote, les autorités décideront d'étendre ou non la vaccination, avaient elles indiqué fin décembre, sans donner d'échéance."Plus de 2,5 millions de doses de vaccins sont attendues avant la fin du premier trimestre 2021, ce qui permettra à l'ANSS de vacciner un bon nombre de personnes, celles qui le souhaitent bien sûr", a dit samedi M. Kéira, sans préciser s'il s'agissait uniquement de doses du vaccin russe.La Guinée a déclaré plus de 14.000 cas de contamination et 81 décès à cause du nouveau coronavirus. Plusieurs personnalités politiques ont succombé.La crise sanitaire a coïncidé avec des mois de crise politique causée par la candidature du président Alpha Condé, depuis réélu, à un troisième mandat consécutif. Les défenseurs des droits humains ont accusé le pouvoir de se servir du prétexte pandémique pour réprimer la contestation, ce que les autorités ont réfuté.La Guinée avait été sévèrement éprouvée par la fièvre hémorragique due au virus Ebola, qui y avait tué 2.500 personnes entre fin 2013 et 2016.