Ethiopie: Kenyatta jette un doute sur les pourparlers de paix

AFRICA RADIO

7 octobre 2022 à 20h06 par AFP

L'ex-président kenyan Uhuru Kenyatta, l'un des acteurs clés des efforts de l'Union africaine (UA) pour ramener la paix en Éthiopie, a déclaré vendredi qu'il ne participerait pas au début des négociations prévu ce week-end, ce qui soulève des doutes quant à leur tenue.

Dans une lettre au président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, M. Kenyatta a fait savoir qu'il ne serait pas présent "en raison de conflits dans (son) emploi du temps". "Cependant, dans l'intervalle et alors que vous envisagez la possibilité d'une autre date pour les pourparlers de paix, je serais reconnaissant de recevoir davantage de précisions sur la structure et les modalités des pourparlers, y compris, mais sans s'y limiter, sur les règles d'engagement pour tous les interlocuteurs invités", a-t-il écrit. La tentative de résoudre le conflit qui dure depuis près de deux ans au Tigré, région nord de l'Ethiopie, intervient après qu'une résurgence des combats en août a brisé une trêve de cinq mois. L'UA a invité les belligérants à des pourparlers en Afrique du Sud, qui devaient en principe commencer samedi sous la médiation de l'envoyé spécial dans la Corne de l'Afrique, l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, de l'ancien vice-président sud-africain Phumzile Mlambo-Ngcuka et de M. Kenyatta. Le gouvernement éthiopien et les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), en guerre depuis novembre 2020, ont affirmé mercredi qu'ils étaient prêts à participer aux négociations. Mais les autorités régionales du Tigré ont ajouté qu'elles voulaient connaître les autres parties impliquées, le rôle de la communauté internationale, et avoir des précisions et assurances sur la logistique, les voyages aériens et la sécurité de son équipe de négociateurs. "Comme nous n'avons pas été consultés avant le lancement de l'invitation, nous avons besoin de clarifications (...) pour que les pourparlers de paix débutent de façon prometteuse", a déclaré dans un communiqué le chef du TPLF, Debretsion Gebremichael. Sollicités par l'AFP après la décision de M. Kenyatta, ni les représentants de l'UA, ni ceux du gouvernement éthiopien et du TPLF n'ont donné suite.