Face au choc provoqué par l'Ukraine, l'Egypte demande le soutien du FMI

AFRICA RADIO

23 mars 2022 à 22h06 par AFP

L'Egypte, touchée de plein fouet par la hausse des prix des matières premières liée à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, va demander le soutien financier du Fonds monétaire international, a indiqué l'institution mercredi.

"L'environnement mondial en évolution rapide et les retombées liées à la guerre en Ukraine posent des défis importants pour les pays du monde entier, y compris l'Égypte", a expliqué la cheffe de mission du FMI dans le pays, Céline Allard, dans un communiqué. "Dans ce contexte, les autorités égyptiennes ont demandé le soutien du Fonds monétaire international (FMI) pour mettre en oeuvre leur programme économique global", y ajoute-t-elle. L'Egypte dépend fortement des importations de blé et d'huile de tournesol en provenance de Russie et d'Ukraine et subit de plein fouet l'actuelle flambée des prix des matières premières. Le taux d'inflation y a atteint 10% sur un an en février, en raison principalement d'une hausse des prix des aliments de 20%. "Un ensemble de mesures politiques macroéconomiques et structurelles atténuerait l'impact de ce choc sur l'économie égyptienne, protégerait les personnes vulnérables et préserverait la résilience et les perspectives de croissance à moyen terme de l'Égypte", a souligné Mme Allard. "A cette fin, les récentes mesures prises par les autorités pour étendre la protection sociale ciblée et mettre en oeuvre la flexibilité du taux de change sont des mesures bienvenues", a-t-elle ajouté. L'inflation ne cesse d'augmenter en Egypte depuis le lancement en novembre 2016 d'un programme de réformes mené sous l'égide du FMI. Cette institution avait alors accordé au Caire un prêt de près de 11 milliards d'euros en échange de mesures d'austérité drastiques, dont une brusque dévaluation et une révision du système de subventions sur les denrées essentielles. Le FMI avait aussi approuvé en 2020 un programme d'aide d'un montant total de 5,4 milliards de dollars destiné à faire face à l'impact de la pandémie de coronavirus, l'Egypte ayant été particulièrement affecté par le brutal arrêt du tourisme et du transport aérien. La dernière tranche avait été débloquée en juin 2021.