France: 20 ans de prison pour avoir tué son épouse à coups de pelle

AFRICA RADIO

14 octobre 2022 à 17h06 par AFP

Un homme de 83 ans, reconnu coupable d'avoir tué d'une quarantaine de coups de pelle son épouse, qui souhaitait divorcer après 54 ans de mariage, a été condamné vendredi en France à 20 années de réclusion criminelle.

L'avocate générale, Isabelle Delande, avait réclamé une peine "d'au moins 15 ans" de prison pour cet ancien chauffeur-livreur, qui encourait la réclusion à perpétuité. Les jurés ont estimé que la responsabilité de l'accusé, âgé de 79 ans à l'époque des faits, était atténuée par ses troubles psychiques. La représentante du ministère public, Isabelle Delande, avait souligné "l'absence de remords" de l'accusé, Abderrahmane Khalid, né en Algérie en 1939 et qui avait tout fait pour s'intégrer socialement en France, avec sa femme Akila Cherrad, épousée à Lyon (centre-est) en 1964. Après une vie de travail, ils avaient réussi à s'offrir une belle maison dans le sud-est de la France. "Ce qui l'obsède, c'est la perte de sa maison, de ne pas passer sa retraite comme il l'avait imaginée", avait remarqué Mme Delande, notant qu'il n'avait "pas eu un mot pour sa femme ou ses trois filles". Akila Cherrad, femme au caractère bien trempé mais "malheureuse", a-t-elle ajouté, ne supportait pas d'être l'assistante de vie d'un mari défaillant, pour lequel elle avait l'impression de s'être sacrifiée toute sa vie. De son côté, lui avait développé une forme de paranoïa, s'étant "auto-persuadé" que son épouse de 73 ans le trompait, au sein même du domicile conjugal, selon la magistrate. Devant la cour d'assises, à Montpellier (sud-est), Abderrahmane Khalid avait persisté, comme il le fait depuis quatre ans, à attribuer son acte à un "coup de folie", sans l'expliquer clairement. "Il savait ce qu'il faisait, il voulait la tuer", a martelé l'avocate générale, en comparant le visage de sa femme, fracassé par "36 coups de pelle", à "une sculpture de César". L'avocate de la défense, Florence Delfau-Bardy, avait demandé de la "retenue" aux jurés. "L'acte est sauvage mais la personne qui l'a commis n'était pas un sauvage", avait-elle plaidé.