Le Rwanda accuse la RDC "d'escalade militaire continue"

AFRICA RADIO

24 octobre 2022 à 20h36 par AFP

La République démocratique du Congo (RDC) est sur "la voie de l'escalade militaire continue" dans l'est du pays, ont accusé lundi les autorités rwandaises.

Des tensions sont régulièrement enregistrées entre la RDC et le Rwanda. Leurs relations s'étaient normalisées avec l'arrivée du président Félix Tshisekedi à la tête de la RDC en 2019, jusqu'à la résurgence en novembre 2021 de la rébellion du M23 (Mouvement du 23 mars), qui avait été défaite en 2013. Kinshasa accuse Kigali de soutenir activement le M23, ce que les autorités rwandaises démentent. "Contrairement aux déclarations du président de la RDC (affirmant) que son pays est focalisé sur une résolution diplomatique du conflit dans l'est de la RDC, des récentes déclarations et actions" montrent que Kinshasa est "sur la voie d'une escalade militaire continue", a affirmé Kigali dans un communiqué. Les autorités rwandaises ont également accusé la RDC "d'opérer aux côtés de milices armées irrégulières", dont les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), mouvement de rebelles hutu rwandais dont certains impliqués dans le génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda. Les autorités de Kinshasa ont par le passé nié toute collusion avec les FDLR. Dans un rapport publié le 18 octobre, l'ONG Human Rights Watch a affirmé que des unités de l'armée de RDC avaient combattu les rebelles tutsi du M23 dans l'est du pays aux côtés des FDLR. Tout en dénonçant les "provocations" de la République démocratique du Congo, le Rwanda "réaffirme son ferme attachement à contribuer à une solution soutenable" et "pacifique" du conflit. Le M23 est une ancienne rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013, qui a repris les armes en fin d'année dernière en reprochant à Kinshasa de n'avoir pas respecté des accords sur la démobilisation et réinsertion de ses combattants. Un rapport d'experts mandatés par le Conseil de sécurité avait détaillé l'implication directe du Rwanda, "unilatéralement ou conjointement avec les combattants du M23" dans l'est congolais. Kigali a récusé ces "allégations non valides" et avancé son "droit à défendre son territoire".