Mali: trois civils tués par balles en deux jours à Tombouctou

Par AFP

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Trois civils ont été tués par balles entre mardi et mercredi dans la ville de Tombouctou, dans le nord du Mali, par des hommes armés non identifiés, selon les autorités locales et des témoins.

Mardi soir, deux jeunes Tombouctiens ont été "assassinés" vers 19H00 "par deux individus armés non identifiés évoluant à bord d'un véhicule", a annoncé mercredi le gouvernorat de Tombouctou dans un communiqué. Ces deux jeunes - un coiffeur et son client - étaient, selon plusieurs notables interrogés par l'AFP, membres de la communauté songhai. Des tensions, parfois meurtrières, sont récurrentes dans cette ville entre des membres des communautés sédentaires (songhai et bambara) et les nomades (touareg et arabe). Trois personnes avaient été tuées en ville dans des tensions entre habitants fin novembre. Les derniers heurts d'envergure à Tombouctou remontent à 2019. "Ce sont des assassinats ciblés et des actes de représailles qui impliquent des différends entre membres de plusieurs communautés", a indiqué à l'AFP un notable sous couvert d'anonymat. Mercredi matin, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté dans la ville, a constaté un correspondant de l'AFP. Les manifestants, des "jeunes sédentaires", indique l'armée malienne dans un communiqué, "ont voulu procéder à des représailles". Un véhicule de l'armée malienne, déployé pour "contenir la situation", a été pris à parti par des individus qui ont ouvert le feu, a indiqué l'armée. Plusieurs centaines de personnes se sont ensuite réunies dans le centre-ville pour l'inhumation des deux jeunes tués mardi soir. "Après l'enterrement, il y a eu des tirs sur deux autres personnes" mercredi, dont un garçon, a déclaré à l'AFP un témoin de la scène. Une des deux personnes est décédée suite à ces coups de feu, ont dit à l'AFP plusieurs notables de Tombouctou. Le Mali est en proie depuis 2012 à un conflit larvé et protéiforme, d'abord cantonné dans le nord du pays avec l'apparition de groupes armés indépendantistes, puis jihadistes, mais qui s'est depuis étendu sur une large partie du territoire.