Maroc: un parti "rejette" des accusations de corruption dans la campagne électorale

3 septembre 2021 à 15h06 par AFP

AFRICA RADIO

Le Rassemblement National des Indépendants (RNI), un des favoris du scrutin législatif prévu le 8 septembre au Maroc, a "rejeté catégoriquement" vendredi des accusations sur l'usage illégal d'argent durant la campagne électorale.

Le RNI "a reçu avec une grande indignation les dérives médiatiques dangereuses du secrétaire général du Parti Authenticité et Modernité (PAM, libéral), M. Abdellatif Ouahbi" à son encontre, selon un communiqué publié vendredi. Le RNI, qui appartient à la coalition gouvernementale, "rejette catégoriquement toute atteinte au bon déroulement du processus électoral de nature à entacher l'image du Royaume", ajoute le communiqué. Jeudi, M. Ouahbi, le numéro un du PAM, principal parti de l'opposition, a accusé le RNI "d'inonder la scène politique avec de l'argent". Des reproches également formulés par le secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS, centre-gauche), Nabil Benabdellah. Un autre favori des élections, le Parti de la Justice et du Développement (PJD, islamiste modéré), au pouvoir, a aussi condamné "l'utilisation obscène de fonds pour attirer les électeurs", sans nommer aucun parti. Le PJD, le PAM et le RNI sont les principales formations politiques à pouvoir prétendre diriger le prochain exécutif, dirigé depuis le Printemps arabe (2011) par les islamistes modérés, sans toutefois qu'ils contrôlent les ministères stratégiques. Le RNI est piloté par l'homme d'affaires Aziz Akhannouch, une des plus grandes fortunes du royaume, ministre de l'Agriculture depuis 2007 et décrit comme proche du Palais royal. Au lendemain des dernières législatives, ce parti a joué un rôle clé dans la formation du gouvernement où il dirige des portefeuilles importants comme l'économie et les finances ou l'industrie. Deuxième force politique du pays, le PAM -- fondé par l'actuel conseiller royal, Fouad Ali El Himma, en 2008 avant qu'il n'en démissionne en 2011 --, a été le principal rival du PJD, notamment lors du dernier scrutin législatif en 2016. La campagne électorale a démarré il y a une semaine. Une trentaine de partis sont mobilisés pour tenter de convaincre près de 18 millions de Marocains à se déplacer pour élire les 395 députés de la Chambre des représentants et plus de 31.000 élus communaux et régionaux.