Mort d'écoliers dans un incendie au Niger: en larmes, une enseignante raconte l'enfer

Par AFP

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"Un élève s'était accroché à moi en criant +tante, il fait chaud+, j'ai réussi à verser du sable pour éteindre les flammes qui consumaient sa chemise, je l'ai sauvé".

Aïcha Ibrahim, enseignante, éclate en sanglots lorsqu'elle relate le drame de l'incendie d'une école faite de classes en paille et en bois, dont 26 enfants sont morts lundi à Maradi dans le sud du Niger. Selon elle, les flammes avaient "déjà ravagé les poutres en bois et la paille des classes: les enfants qui étaient assis au fond et qui se précipitaient pour sortir tombaient dans la fournaise". Une vidéo que l'AFP a pu réaliser après le drame montre des parents, des enseignantes et des personnalités locales totalement sous le choc. Dans la cour de l'école, seuls des cendres et des débris de tôles sont encore visibles. "Ce sont les enfants de la classe du milieu qui ont été les plus touchés, on criait pour solliciter de l'aide. Puis, des parents qui venaient chercher leurs enfants nous ont prêté main forte", poursuit Aïcha Ibrahim, en réajustant le voile bleu qui recouvre sa tête. "Nous étions toutes des enseignantes et il n'y avait pas d'hommes. On était à court de solutions, mais des gens des alentours, des parents, ont tout tenté pour maîtriser les flammes". Les traits tirés, Rabiou Sani, un riverain de l'école et père d'une des victimes, faisait partie des premiers à arriver sur place. "Nous avons aperçu les flammes et nous avons sauté par dessus le mur de l'école pour accéder à la cour. On a vu les enseignantes qui combattaient le feu" avec des "bidons et des seaux d'eau". A la mi-avril, vingt enfants de 3, 4 et 5 ans, étaient morts calcinés dans l'incendie de classes similaires dans un quartier populaire de Niamey. "Ce tragique évènement vient endeuiller une fois de plus le peuple nigérien en général et l'école nigérienne en particulier", a regretté le gouvernement lundi soir en décidant "l'interdiction formelle des classes en paillotes au niveau du préscolaire sur toute l'étendue du territoire". Au Niger, un des pays les plus pauvres au monde, pour remédier à l'insuffisance des classes, les autorités construisent des milliers de salles en paille et en bois, appelées paillottes, où les enfants suivent les cours, parfois assis à même le sol.