Par La rédaction

Du 3 au 5 Aout, avec la réunion de 120 jeunes africains issus de la société civile, l'administration américaine lance un signal fort envers les pays africains mais aussi envers la France.Visions opposéesA l'occasion de la célébration des indépendances de 17 pays africains sub-sahariens (dont 14 francophones) de nombreux évènement, rencontres, sommets, ont été organisés. Dans les pays eux-mêmes, bien sûr, mais aussi à l'étranger. En France deux événements ont rythmé cette année commémorative. Le sommet de Nice, avec la rencontre du président et de nombreux chefs d'Etat, et l'invitation des troupes africaines à défiler sur les Champs-Elysées pour la fête nationale française, le 14 Juillet dernier. Aujourd'hui ce sont les Etats-Unis qui célèbrent à leur manière ces indépendances africaines. Mais d'une façon radicalement opposée à celle de la France. Le président Obama n'a en effet souhaité la présence d'aucun chef d'Etat africain et a préféré se concentrer sur la jeunesse et la bouillonnante société civile. Chefs d'entreprises, artistes, écrivains,etc. En tout, 120 jeunes venus des 17 pays cinquantenaires. Selon un communiqué officiel de Washington : « Ces invités de marque, réunis avec leurs homologues américains et des responsables du gouvernement des �?tats-Unis, auront l'occasion de débattre en petits groupes de thèmes clés comme l'autonomisation de la jeunesse, la bonne gouvernance et les possibilités économiques. » Obama s'inscrit donc en faux par rapport à Nicolas Sarkozy et allie l'acte à la parole en restant dans le sens de son discours d'Accra prononcé un an auparavant. Rupture en douceurDepuis son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama n'a ouvert ses portes qu'à quatre chefs d'Etat et à un Premier ministre africains.Dans son discours à Accra il donnait déjà une prépondérance au peuple sur les dirigeants : « Nous avons appris que ce ne seront pas de grandes personnalités telles que Nkrumah et Kenyatta qui décideront du destin de l'Afrique. Ce sera vous, les hommes et les femmes du Parlement ghanéen et le peuple que vous représentez. Ce seront les jeunes, débordant de talent, d'énergie et d'espoir, qui pourront revendiquer l'avenir que tant de personnes des générations précédentes n'ont jamais réalisé. »Voilà la politique américaine en Afrique qui tient donc sa ligne traditionnelle en soutenant l'autodétermination et continue d'ignorer certains gouvernements « cyniques » comme les a désignés Obama lui-même. Une ligne qui dénote par rapport à celle de la France dont le président avait pourtant promis la fin de la françafrique en début de mandat.