Burundi: l'opposition maintient le boycottage des législatives

9 juillet 2010 à 9h42 par La rédaction

BUJUMBURA (Burundi) (AFP)

L'opposition burundaise, réunie au sein de l'Alliance démocratique pour le changement (ADC), a maintenu vendredi sa décision de boycotter les élections législatives du 23 juillet, a annoncé à l'AFP le chef de l'un des 12 partis de cette plate-forme, Alexis Sinduhije.

"Les partis membres de l'ADC ne vont pas aux législatives.C'est très clair", a déclaré à l'AFP M. Sinduhije au nom de l'ADC.

Ces déclarations coïncident avec l'expiration du délai fixé aux partis politiques par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) pour enregistrer leurs candidats aux élections législatives.

"Tant que les conditions que nous avons posées ne seront pas tenues en compte, nous ne rejoindrons jamais ce processus électoral", a-t-il insisté.

"Ces conditions sont: la libération de tous nos militants détenus illégalement et arbitrairement, l'arrêt des tortures que la police et les services secrets exercent sur ces détenus politiques, le rétablissement de nos droits fondamentaux, à savoir la libre circulation à l'intérieur du pays et à l'étranger pour les leaders de l'ADC", a précisé M. Sinduhije.

L'opposition réclame en outre "le report de la législative en attendant un dialogue qui permette de mettre en place une Ceni consensuelle et d'organiser un bon processus électoral", a-t-il ajouté.

Les principaux leaders d'opposition avaient déjà boycotté l'élection présidentielle du 28 juin, remportée par le président sortant Pierre Nkurunziza, pour protester contre les fraudes qui ont selon eux entaché un premier scrutin, communal, organisé fin mai et largement remporté par le parti au pouvoir.

Le retrait de l'opposition et une vague d'attaques à la grenade, qui ont fait 12 morts et plus de 70 blessés, ont ranimé la crainte d'une résurgence des violences dans ce pays qui vient à peine de renouer avec la paix, après une longue guerre civile (1993-2006).

De sources policières, plus de 130 personnes ont été arrêtées depuis trois semaines dans le cadre des enquêtes sur ces attaques à la grenade.

Jeudi, les principales associations de la société civile burundaise ont dénoncé plusieurs cas de torture ces derniers jours sur des militants de l'opposition dans les cachots des services de renseignement et de la police.