DSK relance la théorie du complot

Par La rédaction

Depuis son intervention au JT de TF1, dimanche soir, Dominique Strauss-Khan alimente de nouveau l'hypothèse d'un complot contre lui dans l'histoire du Sofitel.« Un piège c'est possible, un complot, nous verrons... ». Il aura suffit d'une phrase de la part de Dominique Stauss-Khan, dimanche soir lors de son intervention au JT de TF1, pour raviver les spéculations de complot autour de l'affaire du Sofitel. Accusé de tentative de viol par Nafissatou Diallo, femme de chambre de l'hôtel new yorkais, l'ancien patron du FMI serait tombé dans un piège. "Tout le monde sait que Dominique Strauss-Kahn est un libertin, qui se distingue de bien d'autres par une propension à ne pas le cacher", déclarait le vice-président PS du Conseil général de Gironde, Gilles Savary dès le 15 mai dans un post publié sur son blog. "Il est aisé de piéger une personnalité aussi peu résistante aux attraits de la gente féminine que Dominique Strauss-Kahn", ajoutait-il. Les possibilités de suspects sont quant à elles nombreuses. Michelle Sabban, vice-présidente PS du Conseil Régional d'Ile-de-France parlait déjà de « complot international, d'attentat politique », dès le début de l'affaire. Suspect n°1 : Nafissatou Diallo et l'argentL'argent pourrait bien être le nerf de la guerre dans cette affaire. « Cet homme a de l'argent, je sais ce que je fais », les propos de Nafissatou Diallo auprès d'un dealer actuellement en prison, ont fait scandale. Cyrus Vance, le procureur de New York, s'en est remis à deux traducteurs différents pour être sûr de cette conversation. Les deux hommes ont validé la même version. "Le rôle de l'argent dans la justice américaine est très choquant ", a souligné de son côté DSK à Claire Chazal sur le plateau du 20h. Suite à l'abandon des poursuites pénales, Nafissatou Diallo et son avocat ont également déposé plainte au civil contre l'ancien patron du FMI. Elle réclame des «dommages et intérêts » pour avoir subi une « attaque violente et sadique ». La plainte a été déposée dans un tribunal du Bronx, la communauté afro-américaine y étant importante, les jurés pourraient être plus sensibles aux accusations de la présumée victime. Au civil, les sommes d'argent versées sont souvent très importantes, bien plus qu'au pénal.Suspect n°2 : l'ElyséeDSK a longtemps été l'adversaire le plus menaçant pour Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2012. Seulement quelques jours après son arrestation à New York en mai dernier, l'UMP est très vite suspectée d'avoir tout manigancé. La première personne ayant posté l'information sur Twitter étant un jeune militant de l'UMP, Jonathan Pinet, alors même que la police et la presse new yorkaise n'ont pas encore confirmé les faits. Autre zone d'ombre : la manière dont l'Elysée a été mise au courant de l'affaire. René-George Querry, le directeur de la sécurité du groupe Accor, propriétaire du Sofitel de New York, a appelé son ami de longue date Ange Mancini, coordinateur national du renseignement à la présidence de la République. Une information démentie aussi vite par le groupe Accor et l'hôtel Sofitel. Mais voilà, dimanche soir DSK souligne également que le Sofitel aurait largement aidé les avocats de Nafissatou Diallo a constitué son attaque. "Je voudrais bien savoir pourquoi on a aidé celle qui m'accusait et moi non", a-t-il dénoncé, pointant du doigt la direction de l'hôtel. Le quotidien Le Monde enfonce également le clou en citant un « poids lourd de la droite » qui aurait dit de façon anonyme « c'est arrivé comme prévu ». Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, contre attaque :"les accusations proférées par certains amis de DSK ont été grotesques et scandaleuses. Comment voulez-vous que l'Elysée ou quiconque en France instrumentalise la police et la justice de l'Etat de New York ?", s'indigne-t-il au micro d'Europe 1. Malaise.Malgré les doutes de complot, DSK est OUTSi le PS a tenu à rester prudent et discret au sujet de cette affaire, les rangs se sont vite rompus autour de DSK. Aujourd'hui, Ségolène Royal et Martine Aubry ont clairement dit qu'elles n'intégreraient pas l'ancien patron du FMI au sein de leur gouvernement en cas de victoire du PS en 2012. Du côté de l'UMP, les réactions sur son intervention au JT de 20h ne se sont pas fait attendre. Jugée « pathétique et inutile », par Jean-François Copé patron de l'UMP, une grande partie de la droite pousse DSK à se retirer totalement de la vie politique. Pourtant DSK n'a pas dit son dernier mot. Son avocat, Benjamin Brafman, a déclaré au Parisien que la Défense se posait "des questions, notamment sur un plan international, et nous n'avons pas de réponse". "Je ne suis pas le genre de personne à adhérer aux théories conspirationnistes, certains faits restent à éclaircir", a-t-il souligné, n'excluant pas l'ouverture d'une enquête à ce sujet.Marion FERRERE