Egypte: Moubarak hospitalisé à Charm el-Cheikh

12 avril 2011 à 14h41 par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

L'ex-président égyptien Hosni Moubarak a été admis mardi à l'hôpital international de Charm el-Cheikh, dans le Sinaï, deux jours après avoir été convoqué par la justice, ont indiqué à l'AFP des sources de sécurité.

"Moubarak a été admis cet après-midi à l'hôpital international de Charm el-Cheikh", ont indiqué ces sources sans plus de précisions sur les raisons de son hospitalisation.

Les mesures de sécurité ont été renforcées dans la ville, ont-elles ajouté.

Contactée par l'AFP, une source de l'hôpital a indiqué ne pas pouvoir faire de commentaires sur cette information, mais que "le ministre de la Santé publiera un communiqué" sous peu.

Le correspondant de la télévision d'Etat à Charm el-Cheikh a confirmé la présence de l'ex-président dans l'hôpital, précisant qu'il se trouvait dans l'aile réservée aux personnalités importantes en compagnie de ses gardes.

L'hôpital était placé sous l'étroite surveillance de la police militaire et seules les urgences étaient autorisées à accueillir des patients, selon la télévision.

Cette hospitalisation intervient deux jours après que la justice égyptienne a annoncé la convocation de M. Moubarak et celle de ses deux fils, Alaa et Gamal, à une date non précisée.

Les trois hommes devront s'expliquer sur l'emploi de la violence contre les manifestants lors du soulèvement populaire de janvier et février, qui a fait officiellement près de 800 morts et des milliers de blessés.

Ils seront également interrogés sur des accusations concernant "l'utilisation de l'argent public", dans le cadre d'opérations anti-corruption en cours visant l'ancien régime.

La presse locale affirmait mardi après-midi que l'ex-président allait être incessamment interrogé.

Le ministre de l'Intérieur Mansour al-Issawi a prévenu que le président déchu et ses fils pourraient être arrêtés s'ils ne se rendaient pas à cette convocation.

M. Moubarak, 82 ans, a démissionné le 11 février sous la pression de la rue.Il fait aujourd'hui face à une pression croissante pour être traduit en justice bien qu'il assure n'avoir rien à se reprocher et être victime de "diffamation".

Dans une allocution sonore diffusée dimanche par la chaîne al-Arabiya --sa première intervention publique depuis sa chute-- il s'est drapé dans la défense de son "intégrité" et a récusé les accusations de malversations.

Cette convocation ne préjuge pas de l'ouverture d'un procès, mais constitue un premier pas qui pourrait y conduire.

Le pouvoir militaire, à qui M. Moubarak a cédé la place, a assigné l'ancien président à résidence dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, bloqué ses fonds en Egypte et engagé des démarches pour geler les avoirs qu'il pourrait détenir à l'étranger.

Mais ces mesures apparaissent trop timides aux yeux d'une grande partie de la population et des mouvements à l'origine de la révolte anti-régime.