Elections en RDC: tension au Kasaï entre le principal parti d'opposition et le gouverneur

3 décembre 2018 à 8h28 par AFP

AFRICA RADIO

Le principal parti de l'opposition congolaise a accusé lundi les autorités d'entraver sa campagne dans son fief de Mbuji-Mayi au Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo, à moins de trois semaines des élections prévues le 23 décembre.

L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) déplore l'arrestation de militants, l'encerclement de son siège dans la nuit de dimanche à lundi par les forces de sécurité et des affiches de campagne arrachées.Au total 45 militants ont été arrêtés en 48 heures, selon une source à Kinshasa proche du président et candidat de l'UDPS à la présidentielle, Félix Tshisekedi, élu de la région diamantifère de Mbuji-Mayi."Les policiers sont en train de partir (du siège), il y a une présence discrète. Le président (Thsisekedi) a lancé des appels au calme", a ajouté cette source."Une vingtaine de nos militants ont été arrêtés samedi et croupissent encore au cachot à la police. Un de nos candidats aux législatives nationales est porté disparu. J'ai saisi la Monusco (Mission des Nations unies au Congo) et la police", a déclaré sur place à un correspondant de l'AFP le président fédéral de l'UDPS au Kasaï oriental, Me Denis Kalombo.Il a accusé le gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji d'être venu samedi au siège de campagne de l'UDPS "avec ses partisans" et d'avoir ordonné "qu'on enlève les affiches de campagne de notre président Félix Tshisekedi pour les remplacer par celles du candidat du FCC (majorité) Emmanuel Ramazani Shadary"."Pour des raisons de sécurité on a déployé des policiers" autour du siège de l'UDPS, a reconnu un membre du cabinet du gouverneur, Vincent Ngoyi, joint par l'AFP.Il a accusé les militants de l'UDPS d'avoir "causé beaucoup de casses le samedi".Des militants de l'UDPS s'étaient déjà affrontés à des partisans du gouverneur Ngoyi Kasanji à Mbuji-Mayi mardi dernier, jour du retour triomphal à Kinshasa de Félix Tshisekedi et de son allié Vital Kamerhe. Les deux hommes ont regagné la RDC après une tournée en Europe et en Afrique.Riche en diamant, le Kasaï a basculé dans la violence entre septembre 2016 et mi-2017 après la mort d'un chef coutumier anti-pouvoir, Kamuina Nsapu, tué par les forces de sécurité.Les violences attribuées aux forces de sécurité et aux milices Kamuina Nsapu ont fait plus de 3.000 morts et 1,4 million de déplacés de sources humanitaire, onusienne et catholique.