Ethiopie: des centaines de personnes arrêtées pour des liens présumés avec les rebelles du Tigré

Par AFP

AFRICA RADIO

Des centaines de personnes ont été arrêtées et des entreprises fermées dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, suspectées de soutenir les rebelles du Tigré, a annoncé la police à la télévision publique samedi.

Les personnes détenues sont soupçonnées de liens avec le Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF), a déclaré le chef de la police de la capitale fédérale, Getu Argaw, à la chaîne Ethiopian Broadcasting Corporation (EBC).Le TPLF, ancien puissant parti au pouvoir dans cette région dissidente du nord du pays, est classé depuis mai "organisation terroriste" par les autorités."323 personnes suspectées d'aider le TPLF dans des activités diverses ont été arrêtées", a affirmé M. Argaw. "Les entreprises qui auraient des liens avec les suspects ont été fermées et font actuellement l'objet d'une enquête".D'autres personnes ont été arrêtées pour possession d'armes, consommation de drogue ou insultes au drapeau national et à la Constitution, a-t-il précisé.Ces arrestations interviennent au moment où la guerre au Tigré prend une nouvelle dimension, avec le déploiement de soldats de plusieurs régions du pays contre les rebelles, qui viennent de reprendre au gouvernement fédéral le contrôle d'une grande partie du Tigré.Le conflit a déjà fait plusieurs milliers de morts et, selon l'ONU, poussé 400.000 personnes dans la famine. Amnesty International a accusé vendredi l'Ethiopie d'avoir arbitrairement arrêté des dizaines de Tigréens ces dernières semaines.Parmi eux figurent des militants et des journalistes, dont certains ont été frappés et transportés à des centaines de kilomètres de la capitale fédérale, Addis Abeba, selon Amnesty.Beaucoup ont disparu et le nombre total de détenus pourrait se chiffrer en centaines, a ajouté l'ONG.La Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), organisme indépendant mais rattaché au gouvernement, a dit jeudi travailler sur des dossiers d'arrestations arbitraires, de fermetures d'entreprises et sur d'autres "types de harcèlement visant les personnes d'ethnie tigréenne". Par le passé, le gouvernement a nié procéder à des arrestations à caractère ethnique.