Explosion d'une voiture piégée dans un complexe de la police à Mogadiscio

Par La rédaction

MOGADISCIO (AFP) - (AFP)

Un policier a été blessé vendredi par l'explosion d'un véhicule piégé dans l'enceinte du siège de la police criminelle à Mogadiscio, a indiqué un responsable de la police à l'AFP.

"Une voiture bourrée d'explosifs, qui avait été saisie par les forces de sécurité ce matin, a explosé à l'intérieur du quartier-général du CID (Service des enquêtes criminelles)", a déclaré à l'AFP Abdulahi Ahmed, un officier du CID.

"Un policier a été blessé.Nous enquêtons", a-t-il ajouté, précisant que les raisons de l'explosion étaient pour l'heure inconnues.

Les insurgés islamistes somaliens, qui combattent le faible gouvernement de transition somalien (TFG), soutenu par la communauté internationale et l'Union africaine (UA), ont revendiqué sur twitter cette action perpétrée selon eux à l'aide d'une voiture piégée déclenchée à distance.

Selon des témoins, l'explosion survenue sur le parking, a détruit le mur d'enceinte du complexe.

"L'explosion très forte (...) a été suivie de fumée et de flammes", a raconté l'un d'eux, Farah Adan, à l'AFP.

Le "bureau de presse" des shebab a affirmé sur son compte twitter (@HSMPress) que les "moudjahidines ont réussi à garer une voiture piégée dans le complexe avant de la faire exploser 30 minutes plus tard".

Les insurgés islamistes ont multiplié les attaques suicide ou à la grenade depuis qu'ils ont abandonné en août, sous la pression des forces du TFG et de la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom), leurs positions dans la capitale.

Au moins 15 personnes avaient péri le 9 février dans un attentat suicide contre un café près d'un hôtel voisin réputé héberger des députés et responsables somaliens.

Les shebab, qui contrôlent encore aujourd'hui l'essentiel du centre et du sud du pays, avaient revendiqué l'attentat indiquant qu'il visait l'hôtel.

Outre les troupes du TFG et de l'Amisom, les rebelles islamistes doivent également faire face aux armées éthiopienne dans l'ouest et kenyane dans le sud.

La Somalie est dépourvue d'autorité centrale depuis l'effondrement du régime du président Siad Barre en 1991 et l'instabilité politique alimente depuis deux décennies une violence permanente dans le pays, notamment à Mogadiscio.

Ces deux dernières semaines, près de 7.200 Somaliens ont fui - en majorité en direction de Mogadiscio - le couloir d'Afgoye, au nord-ouest de la capitale par craintes de nouveaux combats après de récentes offensives des forces gouvernementales et de l'UA contre les shebab, selon le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

Londres accueille le 23 février une conférence internationale sur la Somalie pour tenter de faire sortir le pays du cycle de violence et d'instabilité politique.

Les shebab ont accusé le Royaume-Uni de vouloir, avec cette réunion, "coloniser" le pays