Guinée: le président Condé viole le secret d'instruction, selon l'opposition

Par La rédaction

CONAKRY (AFP) - (AFP)

L'opposition guinéenne a condamné "la violation du secret de l'instruction" par le président de la République Alpha Condé qui a accusé trois personnalités, dont un dirigeant d'opposition, d'avoir préparé un attentat contre lui en juillet avec la complicité du Sénégal et de la Gambie.

"Le président de la République accuse nommément et sans aucune preuve (Amadou) Bah Oury, Tibou Kamara et Amadou Oury Diallo dit Sadaka comme étant les commanditaires et les gouvernements sénégalais et gambien comme complices de cette opération", note dans un communiqué publié lundi soir à Conakry le principal parti d'opposition, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

M. Bah Oury est l'un des principaux dirigeants de l'UFDG de Cellou Dalein Diallo, Tibou Kamara l'ex-secrétaire général de la présidence du temps du régime de transition du général Sékouba Konaté et Sadaka un homme d'affaires proche du général Konaté.Tous trois se trouvent à l'étranger.

L'UFDG dénonce "l'acharnement dont sont victimes ses responsables et militants, condamne la violation par le président de la République du secret de l'instruction, des principes sacrés et la présomption d'innocence et de l'indépendance de la justice".

Le parti attire "l'attention de l'opinion nationale et internationale sur les conséquences que ces violations des règles de l'Etat de droit et de la séparation des pouvoirs pourraient avoir sur la crédibilité de l'instruction", ainsi que sur "la paix sociale" et "l'unité nationale" en Guinée.

Il appelle ses partisans et "tous les démocrates" à rester "vigilants et mobilisés contre l'injustice et l'arbitraire".

Le dirigeant d'un autre parti d'opposition, Mamadou Mouctar Diallo, des Nouvelles forces démocratiques (NFD), a de son côté estimé que "dire que le Sénégal et la Gambie, pays frères et limitrophes, sont impliqués, n'est pas adroit du point de vue diplomatique".

"Admettons que cela soit vrai, il y a plusieurs manières de régler ce problème avec ces pays qui accueillent sur leur sol des milliers de nos compatriotes, nous devons faire attention", a-t-il ajouté.

Alpha Condé a accusé dans un entretien diffusé dimanche Dakar et Banjul d'avoir été complices de l'attaque armée menée le 19 juillet contre son domicile de Conakry dont il était sorti indemne, préparée selon lui dans la capitale sénégalaise.Les deux pays ont catégoriquement démenti ces accusations.