Les insurgés libyens "n'ont rien à voir avec Al-Qaïda"

25 février 2011 à 12h45 par La rédaction

ATHENES (AFP)

A Benghazi comme à Tobrouk, les insurgés libyens "s'organisent en comités" pour normaliser la situation "et n'ont rien à voir avec Al Qaïda" comme le prétend Mouammar Kadhafi, a affirmé vendredi à Athènes un Grec né en Libye, Stelios Bogiatzakis, juste arrivé de Libye.

"A Benghazi, des comités ont été formés pour tout, l'eau, la douane, le marché aux poissons, je connais les gens qui tentent d'organiser ca, ce sont des ingénieurs, des avocats, des juges, beaucoup sont mariés avec des étrangères, aucun rapport avec les islamistes ou avec Al-Qaïda", a affirmé ce Grec à l'AFP, au lendemain de son évacuation par bateau de la deuxième ville libyenne.

Dans cette région "les gens ont toujours été contre Kadhafi, ils se sont soulevés pour la liberté", affirme-t-il.

Né en Libye en 1949, dont il est parti en 1989 pour y revenir en 2009, cet ingénieur employé d'une société libyenne de construction affirme que le même type de situation prévaut à Tobrouk, sur la côte orientale.

Il s'y était rendu vendredi de Benghazi pour en repartir samedi, après avoir découvert que "tout avait été pillé et détruit, les sociétés étrangères, le +resort+ que nous contruisions, mais sans violences contre les étrangers".

Sans rancune, il juge "un peu normal que ça ait tourné comme ça au début": "ce sont des jeunes, de 15 à 30 ans, qui ont pris la rue, ils se sont retrouvés avec des armes volées dans les casernes, il y avait aussi parmi eux des criminels échappés des prisons".

"Mais depuis, les gens commencent à rendre le matériel volé, on a récupéré une grue, un compresseur", affirme-t-il, après une semaine passée avec d'autres Grecs et étrangers, au consulat suédois de Benghazi, dont la titulaire dirige une société de construction Kontdrill et est marié à un Grec.

"Le jour c'est calme, ce n'est que la nuit que les gens ont un peu peur car alors il y a encore des types qui circulent armés", affirme-t-il, indiquant que "la police routière a fait sa réapparition" et que des militaires, "mais en civil", participent au maintien de l'ordre.